Tunisie : Nidaa Tounès porte plainte contre la présidente de l’instance Vérité et Dignité

En Tunisie, la présidente de l’instance Vérité et Dignité a été visée ce lundi par une plainte de 14 députés de Nidaa Tounès, le parti au pouvoir après des propos tenus par le militant Azyz Amami. Les députés lui reprochent de ne pas avoir réagi à ses propos qui pourraient être condamnés dans le cadre de la loi antiterroriste.

L’instance Vérité et Dignité en Tunisie en charge d’étudier les crimes du passé dans le cadre de la justice transitionnelle, est en mauvaise posture. Et pour cause, la présidente de l’instance Sihem Bensedrine a été visée ce lundi par une plainte de 14 députés de Nidaa Tounès, le parti au pouvoir après des propos tenus par le militant Azyz Amami. Nidaa Tounès reproche à la présidente de ne pas avoir réagi à ses propos.

Lors d’un débat de l’instance autour du projet de loi de réconciliation nationale, le blogueur Azyz Amami a affirmé que si cette loi est promulguée, l’Assemblée pourrait être incendiée en signe de protestation. L’avocat des 14 députés de Nidaa Tounes qui portent plainte, Nizar Ayed, l’accuse également d’avoir fait l’apologie de Daech. La plainte vise aussi Sihem Bensedrine qui pour Nidaa Tounès aurait dû réagir, elle se rend donc complice pour ces députés.

Pourtant dans un communiqué, l’instance s’est prononcée à la suite de ses propos. « L’instance se désolidarise de ses propos », peut-on lire dans le communiqué. Le parti Nidaa Tounès aurait souhaité en effet que Sihem Bensedrine condamne ses propos. Avec cette plainte, les 14 députés souhaitent lever l’immunité de la présidente de l’instance Vérité et Dignité. En outre, la nomination de Sihem Bensedrine à la tête de cette instance, a été controversée. Elle est accusée d’être trop autoritaire ou encore complice avec des mouvences violentes.

Réagissant après avoir pris connaissance de la plainte, elle a reconnu que Azyz Amami a eu des propos malheureux tout en précisant que son intention était de dénoncer un projet de loi dangereux qui pourrait inciter à la violence.
Le parquet a chargé la brigade antiterroriste de l’Aouina, de l’enquête.