Tunisie : forte mobilisation ce samedi, « dégage » prend forme


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Alors que la coalition au pouvoir se dit prête à démissionner, mais pas dans l’immédiat, l’opposition quant à elle ne veut pas de négociation dans ces conditions. En attendant de trouver une solution, l’Assemblée constituante n’a toujours pas repris ses travaux. Le peuple est toujours dans la rue pour faire prendre le mouvement « dégage ».

Ennahda, le parti au pouvoir, se dit prêt à démissionner, mais pose des conditions. Ce qui n’est donc pas une décision à court terme pour ne pas dire imminente, comme le veut l’opposition. Cette dernière, qui a initié le mouvement « dégage », était encore dans la rue ce samedi nuit.

L’opposition tunisienne a manifesté encore ce samedi 31 août. Les populations se sont organisées en file depuis l’Assemblée jusqu’à la place Kasbah. Selon RFI, les drapeaux tunisiens étaient agités sous les klaxons. Une véritable chaîne humaine s’est déployée le long des rues et elle prenait de l’ampleur au fur et à mesure, malgré quelques poches en cours de route. Certains avaient pris de l’avance et attendaient les autres participants au niveau de la place de la Kasbah.

Après plus d’un mois de crise politique en Tunisie, l’opposition tient bon et envahit la rue. La mort de l’opposant Mohamed Brahmi, survenue le 25 juillet dernier a été le déclencheur du mouvement initié pour réclamer le départ d’Ennahda du pouvoir. La cruauté de cet assassinat justifiait cette colère de l’opposition. En ce sens que Brahim avait été criblé de balles devant chez lui, par deux individus qui roulaient en moto. Ce meurtre a donc déclenché les hostilités, poussant l’opposition dans la rue pour demander la dissolution de l’Assemblée constituante et le départ d’Ennahda.

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), puissant syndicat regroupant plus d’un million et demi de membres, s’est même invitée dans les débats, menaçant de paralyser le pays. Les pourparlers initiés par le syndicat avec Ennahda n’ont pas réussi à décanter la situation. L’opposition exige toujours le départ d’Ennahda avant d’entamer tout dialogue. La coalition au pouvoir joue la carte « temps », espérant voir le mouvement se dissiper après essoufflement. Les manifestants campent sur leur position et réclament la chute du gouvernement et l’organisation d’élections.

En Tunisie, le mouvement « dégage » initié prend forme petit à petit. Et avec la marche de ce samedi soir qui a regroupé plusieurs milliers de manifestants, Ennahda a tremblé un peu plus.

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