
Les corps de la gérante d’un restaurant installée près d’Avranches, de son conjoint et de sa mère ont été découverts le 11 juillet dans les environs de Pretoria. Deux hommes, dont l’ex-mari de la femme tuée, ont été interpellés au Luxembourg le 22 juillet. La fillette qui les accompagnait a été rapatriée en France le jour même.
Le parquet de Coutances, dans la Manche, au nord de la France, a détaillé mardi 28 juillet une affaire qui s’étend sur trois pays. Trois ressortissants français ont été retrouvés morts le 11 juillet 2026 aux environs de Pretoria, capitale administrative de l’Afrique du Sud. Onze jours plus tard, deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans ce triple homicide étaient interpellés au Luxembourg.
L’information judiciaire ouverte en France vise des faits d’assassinats, d’arrestation, enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de 15 ans commis en bande organisée, ainsi que d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime.
Trois corps découverts en deux endroits
Les victimes étaient arrivées en Afrique du Sud le 10 juillet. Le groupe réunissait un couple résidant près d’Avranches, la fille de la femme, âgée de 7 ans, et la grand-mère de l’enfant.
Les trois adultes ont été retrouvés le lendemain, en deux lieux distincts autour de Pretoria. Selon le procureur de la République de Coutances, Gauthier Poupeau, les premières constatations établissent un acte volontaire criminel, les victimes avaient reçu de « multiples coups violents » portés avec une arme contondante.
La presse régionale, puis un communiqué de l’enseigne, ont identifié les victimes. Katia Nguyen dirigeait le restaurant Burger King d’Avranches en franchise depuis 2022. Son conjoint, Mathieu Hadjaz, y était employé comme directeur. La troisième victime est la mère de la gérante, dont l’identité n’a pas été rendue publique. La fillette, elle, avait disparu.
Les autorités sud-africaines ont rapidement orienté leurs recherches vers un homme de 44 ans. Il est présenté par le parquet français comme l’ex-mari de Katia Nguyen et le père de l’enfant.
Une interpellation au Luxembourg, l’enfant rapatriée
En France, le dossier a été confié à un juge d’instruction de Coutances, avec le concours de la police judiciaire et de plusieurs services européens. Les recherches ont mené au Grand-Duché.
Le 22 juillet, la police luxembourgeoise a interpellé deux hommes de 44 et 71 ans, sur la base de mandats d’arrêt européens et d’une décision européenne d’enquête émis par la justice française. L’enfant se trouvait avec eux. Elle a été mise en sécurité, puis rapatriée en France le jour même.
Le parquet luxembourgeois avait annoncé ces arrestations le 24 juillet sans dévoiler l’identité des suspects. Il évoquait des faits d’assassinat, d’enlèvement, de séquestration ou de détention arbitraire suivie de mort, commis en bande organisée en Afrique du Sud. Les deux hommes ont été incarcérés sur place et leur remise aux autorités françaises est en cours.
Plusieurs proches mis en examen en France
Simultanément aux interpellations luxembourgeoises, plusieurs proches du principal suspect ont été placés en garde à vue en France. Certains ont ensuite été mis en examen des mêmes chefs, à l’exception de l’assassinat. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire.
Le mobile du triple homicide n’a pas été communiqué. Aucun élément officiel ne permet encore de savoir si le sort de l’enfant constituait l’objectif du déplacement en Afrique du Sud. Les qualifications retenues indiquent que la justice française soupçonne une préparation en amont et une coordination entre plusieurs personnes. Il reviendra au juge d’instruction d’établir le détail des faits.




