
L’Égypte veut faire du marché chinois l’un des moteurs de sa croissance touristique. À l’occasion du salon ITB China 2026, l’Autorité égyptienne du tourisme a confirmé son objectif d’atteindre un million de visiteurs chinois par an, contre 372 250 déjà comptabilisés. Un pari ambitieux, porté par la reprise des voyages internationaux chinois et par la volonté du Caire de diversifier ses clientèles.
Dès janvier 2025, une tournée promotionnelle organisée à Pékin, Shanghai et Guangzhou avait marqué une première étape de la séduction touristique de l’Egypte vis à vis de la Chine. Plusieurs voyages de presse ont ensuite été proposés à des journalistes chinois afin de mieux faire connaître l’offre égyptienne auprès du public asiatique. Selon les autorités égyptiennes, le nombre de touristes chinois pourrait plus que tripler d’ici la fin de l’année.
« L’Égypte et la Chine antiques ont été, pendant des millénaires, de grands centres de civilisation humaine », a déclaré Sherif Fathy, ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités. Il entend inscrire ce rapprochement dans une histoire plus longue que la seule promotion touristique. « Nous ne sommes pas seulement venus pour présenter nos monuments ; nous construisons un pont plus solide entre nos deux pays », a-t-il ajouté.
Trente-cinq vols hebdomadaires et visa à l’arrivée
Pour attirer davantage de voyageurs chinois, l’Égypte mise d’abord sur l’accès au pays. La connectivité aérienne entre les deux États atteint désormais environ 35 rotations hebdomadaires, assurées par quatre à cinq compagnies de chaque côté. Les ressortissants chinois bénéficient également d’un visa délivré à l’arrivée, tandis que les hôtels des principales destinations développent des services en mandarin et une offre culinaire adaptée.
Le Grand Musée égyptien, inauguré à proximité des pyramides de Gizeh, occupe une place centrale dans cette stratégie. Avec ses collections d’antiquités parmi les plus importantes au monde, il vise directement une clientèle sensible au patrimoine et aux grands sites historiques. Louxor et Assouan complètent cette offre culturelle, notamment pendant la période du Nouvel An lunaire, moment clé pour les départs des voyageurs chinois.
La mer Rouge en complément
Mais l’Égypte ne veut pas se limiter à ses pyramides, ses temples et ses musées. Le pays met aussi en avant ses stations balnéaires de la mer Rouge. Hurghada, El Gouna, Charm el-Cheikh et Marsa Alam sont présentées comme des destinations de loisirs, de détente et de bien-être, capables d’allonger la durée des séjours ou de séduire des voyageurs moins attirés par les circuits archéologiques classiques.
« L’an dernier, nous avons accueilli 360 000 touristes chinois en Égypte, et notre objectif est d’atteindre au moins un million par an », a précisé Ahmed Youssef, directeur général de l’ETA. « Mais il ne s’agit pas seulement de chiffres. Créer un lien entre les voyageurs chinois et le peuple égyptien est essentiel pour préserver l’excellente relation qui unit nos deux pays. »
La marche reste haute, mais l’Égypte avance avec des atouts solides. Sur un marché chinois très convoité, où les Seychelles, le Maroc ou encore le Kenya cherchent eux aussi à se positionner, Le Caire veut prendre une longueur d’avance.



