Togo : l’accord RPT-UFC souffle sa première bougie

Un an après la signature de l’accord politique RPT-UFC qualifié d’historique, l’heure est au bilan au sein des différentes formations togolaises. Si certains estiment qu’il y a eu des avancées, d’autres y voient un échec total. Mais beaucoup ont choisi de se faire muets pour ce premier anniversaire.

26 mai 2010. Le président togolais Faure Gnassingbé, chef de file du Rassemblement du peuple togolais (RPT), signait en grande pompe un accord politique avec Gilchrist Olympio, président du principal parti d’opposition, l’Union des Forces du Changement (UFC). Jusque-là, cette formation togolaise avait toujours refusé de travailler aux côtés de son rival de toujours. Le revirement est historique. Sur le papier, l’accord augurait d’une véritable gestion commune et d’un réel partage du pouvoir.

Sept portefeuilles ministériels sont ainsi confiés aux membres du parti de « Fo-Gil ». Les parties signataires avaient également convenues « de la nécessité d’une participation réelle de l’UFC dans le choix des personnes à la tête des institutions, sociétés d’Etat, ambassades, mairies… » L’accord prévoyait également des « réformes constitutionnelles et institutionnelles finalisées dans les six mois ». Un nouveau fichier électoral devait également être établi, un redécoupage électoral opéré et la tenue des élections locales devait être envisagée dans les meilleurs délais. Ces points n’ont fait l’objet d’aucune avancée notable jusqu’ici.

Si les responsables du parti du Nid se réjouissent de cet accord, ils en dénoncent également les limites. « Nous avions félicité et encouragé cet accord que nous avions qualifié d’historique à l’époque », précise Gabriel Dosseh-Anyon, le président du parti. « Il a éloigné le spectre de la guerre civile et encourager les bailleurs de fonds à s’intéresser à notre pays. On a vu le président Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio allumer ensemble la flamme de l‘indépendance. On pourrait aussi parler de la flamme de l’espérance. Mais aujourd’hui, le pouvoir d’achat, la vie chère et chômage des jeunes sont encore des sujets auxquels le gouvernement doit s’attaquer sérieusement. »

Un «non-évènement»

Chez Nicolas Lawson, président du parti du renouveau et de la rédemption (PRR), la déception est palpable. « C’était un bon accord pour faire taire les rivalités car elles avaient engendrées trop de difficultés. Il devait permettre de faire de la politique autrement », se rappelle Nicolas Lawson. « Il y a eu un apaisement mais sur les réalisations économiques, c’est un échec ! (…) Un maire de Lomé est en même temps directeur du port, ce sont des anomalies ! Et c’est inacceptable dans une démocratie (…) De plus, le comité de suivi n’a rien fait de concret jusqu’à aujourd’hui » ajoute-t-il.

Mis en place à la suite de la signature de l’accord politique, le comité de suivi dirigé par Gilchrist Olympio et chargé d’accompagner les réformes institutionnelles et structurelles avait six mois pour rendre ses conclusions. Ce dernier s’est contenté de recommander un nouveau système de gouvernement dit « régime présidentiel tempéré ». Renforcement des prérogatives du chef de l’état au détriment du Premier ministre ?

Les interrogations se multiplient d’autant que le mutisme est de mise quand il s’agit de commenter ce premier anniversaire chez les principaux concernés. Ni les responsables de l’UFC ni ceux du RPT ne se sont exprimés. De même, le parti de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), née en octobre après la brouille entre les hauts responsables de l’UFC à la suite de l’alliance du parti avec le RPT. Joint par téléphone, ses responsables se refusent à commenter cette actualité. La qualifiant tout de même, au passage, de «non-évènement». Dirigé par Jean-Pierre Fabre, candidat malheureux lors des dernières présidentielles de 2010, l’ANC n’a jamais cessé de dénoncer un accord vide de sens.