Togo, Arrestation d’Agbéyomé Kodjo : la traque des opposants lancée

Agbéyomé Kodjo

Les autorités togolaises, avec à leur tête le Président Faure Gnassingbé, semblent avoir lancé la traque contre les opposants au régime de Lomé, avec notamment l’arrestation musclée d’Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la dernière présidentielle.

Le mardi 21 avril, Agbéyomé Kodjo, ancien Premier ministre togolais devenu opposant au régime du Président Faure, a été arrêté à Lomé alors qu’il se trouvait dans sa résidence. Cette arrestation fait suite à trois convocations successives du service central de recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie togolaise auxquelles l’opposant n’a pas répondu. Agbéyomé Kodjo est gardé dans les locaux de la gendarmerie.

L’opposant qui était l’un des concurrents de l’actuel Président Faure Gnassingbé lors de la Présidentielle du 22 février dernier avait obtenu 19,46 % des suffrages et venait en deuxième position derrière le Président Faure Gnassingbé qui avait obtenu 70,78 % des voix, briguant ainsi son troisième mandat. Mais Agbéyomé Kodjo avait fortement contesté les résultats de l’élection et s’était auto-proclamé « Président élu ».

Le service central de recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie togolaise l’avait convoqué successivement à trois reprises pour l’auditionner ; convocation à laquelle l’opposant n’a jamais répondu. Le lundi 20 avril, un fort dispositif de l’armée avait déjà été installé pour encercler la résidence d’Agbéyomé Kodjo. C’est dans la matinée du mardi 21 avril que les forces de l’ordre se sont introduites dans son domicile pour l’arrêter. L’opposant est gardé dans les locaux des services de renseignement en attendant d’être auditionné.

Plusieurs chefs d’accusations pèsent contre l’opposant Agbéyomé Kodjo. Il s’agit notamment d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, de troubles aggravés à l’ordre public, de nominations illégales, d’usage illégale des insignes de l’Etat, ou encore de dénonciation calomnieuse. En mars dernier, le Parlement togolais avait levé l’immunité de l’opposant, à la demande du ministère public de Lomé, pour s’être auto-proclamé président de la République.

Le collectif des avocats du candidat malheureux à la Présidentielle de février 2020 prétexte que leur client, Agbéyomé Kodjo, n’a pas pu se présenter aux convocations pour raison de santé.

Des responsables de la « Dynamique Mgr Kpodzro » convoqués pour audition

Après l’arrestation manu militari de l’opposant mardi dernier, des convocations ont été envoyées à certains cadres du mouvement dirigé par Monseigneur Kpodzro. Il s’agit de madame Kafui Adjamagbo-Johnson et de sieur Fulbert Atisso. Les deux étaient attendus au SCRIC de la gendarmerie centrale de Lomé pour être auditionnés ce jeudi 23 avril 2020.

Madame Kafui Adjamagbo-Johnson avait été d’un grand soutien pour l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo pendant la campagne présidentielle passée. Elle avait été son porte-parole à cette occasion. Fulbert Attiso est, quant à lui, le coordinateur général du mouvement politique de Monseigneur Kpodzro. Il est également très proche de l’opposant.

La traque des opposants semble donc à nouveau lancée au Togo et les jours à venir pourraient être bien sombres.