Timba Bema face aux naufragés ou la mer devenue synonyme de mort


Lecture 2 min.
pirogues

Timba Bema a quitté le Cameroun pour Nantes en 2001. Après avoir séjourné pendant deux ans à Paris, il s’est installé en Suisse. Auteur de poésie, de nouvelles, de romans et membre actif de plusieurs associations et magazines littéraires, il commence à toucher du doigt le succès. Après la parution de l’ouvrage Les seins de l’amante en 2018 aux Editions Stellamaris, sélectionné au prix Fetkann et au Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire, il nous présente cette année Les bateaux sombrent-ils en silence ? Découvrez ce coup de cœur d’AFRIK.COM.

Dans la tradition Duala qui inspire Timba Bema, la mer est à l’origine du monde et héberge des divinités bienfaitrices. Le bateau est alors ce véhicule grâce auquel la communication entre le monde des hommes et celui des divinités est possible.

En effet, lors du Ngondo, la grande fête annuelle, l’officiant se rend au milieu des eaux dans un bateau, puis y plonge avec une nasse dans les mains, d’où il rapporte les présages des esprits.

Le bateau, aujourd’hui synonyme de mort

Depuis le 16e siècle, avec l’irruption des négriers, mastodontes des mers sur les côtes africaines, le bateau est devenu synonyme de déportation, d’exil forcé. Bref, le signe annonciateur de la mort.

Cette perception est encore vivace dans les bateaux qui sombrent presque tous les jours en Méditerranée, anéantissant les espoirs et les rêves de milliers d’êtres humains fuyant des tyrannies qui condamnent leurs corps à la pauvreté et au mutisme.

Pourtant, ils cherchaient une oasis pour renaître en eux-mêmes. Comme Joséphine, une Camerounaise repêchée au large de la Libye rendue célèbre par un photographe et à qui Timba Bema dédie un poème.

L’auteur interroge les bateaux

En remontant le fil du temps, le poète nous invite à regarder les naufrages actuels comme l’une des conséquences du choc brutal entre l’Europe et l’Afrique.

Cette dernière semble être la grande perdante de cette relation. Puisque dépossédée de ses ressources et de ses hommes qui sont entassés dans des bateaux à destination de toutes les contrées du monde.

Timba Bema interroge les bateaux, comme on regarde un objet sous tous les angles possibles afin qu’il se dévoile dans son entière complexité. Car oui, la réalité des bateaux est polymorphe, elle s’inscrit dans le temps long, plus de six siècles.

Pour se procurer l’ouvrage, rendez-vous sur le site de l’éditeur  à partir du 18 février 2019

Lire aussi : Timba Bema: l’écrivain au service des lettres

Timba Bema

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News