« Teza », chef-d’œuvre du cinéma éthiopien

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Éthiopie, années 70. Le jeune Anberber quitte son village natal pour étudier en Allemagne de l’Est. Auprès de ses camarades, il se forge un esprit critique et une conscience politique qu’il souhaite mettre au service de son peuple. Mais lorsqu’il rentre dans les années 1990, il n’est plus le même. Son pays confronté à une cinglante dictature communiste non plus. Teza, le film du réalisateur éthiopien Hailé Gérima, lauréat du festival de cinéma de Carthage (2008) et du Fespaco (2009), sort ce mercredi sur les écrans français.

HaileGerima.jpgHailé Gérima est un homme simple et posé. Un réalisateur bercé par les contes et le théâtre éthiopien qui a rencontré le cinéma durant ses études aux États-Unis. Après avoir été plébiscité avec Harvest 3000 et Sankofa, le réalisateur éthiopien basé aux Etats-Unis revient avec un petit bijou cinématographique qu’il a mis quatorze ans à financer. Teza (la rosée) nous amène dans la plus profonde intimité de son personnage principal : enfance, engagement, moralité. Un film qui marque par son propos mais aussi par son traitement. Rencontre avec Haile Gérima, réalisateur engagé.

Afrik.com : La production de votre film Teza a pris quatorze ans. Pourquoi ?

Hailé Gérima :
Qui se préoccupe des sujets africains ? Au fil des années, j’ai rencontré des intellectuels qui voulaient prendre le risque de produire ce film avec moi mais cela était très difficile. C’était la première fois que j’attendais quatorze ans pour tourner un film. Donc, c’était un problème d’argent. Comme partout en Afrique nous avons des problèmes locaux, nos élites ne s’investissent pas vraiment dans la culture, elles ne voient pas leurs propres cultures, leurs propres histoires comme des choses importantes pour le développement. C’est pour cela que les réalisateurs africains sont nomades, pour mendier de l’argent à travers le monde. C’est la vie.

Afrik.com : Vous vivez en Amérique. Est-ce là que vous avez commencé à chercher de l’argent ?

Hailé Gérima :
En Amérique, c’est sans espoir ! Les longs-métrages ne sont pas soutenus à moins qu’ils concernent trois journalistes blancs ou des amoureux qui se rencontrent en Afrique et où les Africains sont en arrière-plan. Ils voient principalement les Blancs en Afrique, comme au temps des colonies. J’ai donc cherché de l’argent en Europe. Ce n’était pas facile, cela a pris du temps, mais au final j’ai trouvé.

Afrik.com : Comment s’est déroulé le tournage ?

Hailé Gérima :
Comparé à la production du film, le tournage a été facile. Avec le budget que nous avions, nous avons tourné huit semaines en Éthiopie en 2004, puis six jours en Allemagne deux ans après, en 2006. Les conditions de tournage en Éthiopie ont été très difficiles à cause de la pluie, des lieux de tournage, de l’équipement… L’équipe et les acteurs étaient enthousiastes mais nous avons surmonté beaucoup de problèmes. En Allemagne, six jours de tournage, c’était trop serré, j’aurais aimé avoir douze jours mais il a fallu attendre deux ans pour réunir l’argent du tournage en Allemagne.

Afrik.com : Le gouvernement éthiopien vous a-t-il soutenu pour ce film ?

Hailé Gérima :
Non, le gouvernement ne m’a pas soutenu mais il a regardé discrètement ce qui se passait. Il n’était pas contre, mais il y a des choses que nous avons senties qui n’étaient pas constructives. Il savait qu’arrêter un tournage aurait été un acte internationalement blâmable, la communauté internationale aurait pu le regarder différemment donc il ne le fait pas.

Afrik.com : Comment avez-vous choisi le village où Anberber retrouve sa famille, l’hôpital où il travaille, le Ministère où il est convoqué ?

Hailé Gérima :
Beaucoup de gens que vous voyez dans le film sont de ma famille, ils viennent d’un village sur lequel l’histoire est basée mais ce n’est pas un récit autobiographique, c’est un récit de ma génération, celle de la fin des années 1960 et du début des années 1970. C’était donc facile d’amener ces gens sur le lieu de tournage, aussi parce que c’est le lieu où j’ai grandi, où j’ai joué enfant, donc je le connaissais très bien. Et beaucoup des gens des environs se sont mêlés aux habitants du village durant le tournage. Pour la partie urbaine, nous avons tourné à Addis-Abbeba. L’hôtel est un hôtel assez connu du centre ville, l’institut Pasteur est l’endroit où Anberber travaille et le reste sont des lieux dans la ville.

«Le déplacement des intellectuels est le sujet de mon film»

Afrik.com : Une partie intéressante du film se déroule en Allemagne. Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Hailé Gérima :
Au départ j’avais écrit cette partie pour la tourner en Amérique, mais comme je le disais tout à l’heure, je ne pense pas que les Américains soient prêts à faire une coproduction avec un réalisateur africain. C’est impossible. J’ai trouvé un certain nombre d’intellectuels en Europe et, petit à petit, après plusieurs années, j’ai trouvé des partenaires. En Allemagne, j’ai trouvé des financeurs – d’ailleurs pour mon précédent film Sankofa aussi j’avais trouvé de l’argent en Allemagne – donc j’ai basé cette partie de l’histoire en Allemagne.

Afrik.com : A travers les études d’Anberber et Tesfaye à l’étranger, vous abordez le sujet de la fuite des cerveaux africains qui perdure aujourd’hui…

Hailé Gérima :
Le déplacement des intellectuels est le sujet de mon film. Nous devons accepter le fait que, lorsque nous intégrons des systèmes d’éducation européens, nous devons nous interroger : sommes-nous préparés pour faire face aux réalités en Afrique ? Ou en Europe ? Les élites en Afrique, que font-elles ? Elles copient les élites européennes. Parce qu’elles ont été formatées. Même la télévision en Afrique ne propose que des programmes américains et européens. Nous n’inventons pas, les élites africaines n’inventent pas. Nous essayons de copier au mieux les Américains et les Européens. Donc pour moi, vivre ici ou là ne fait aucune différence parce que tout cela est fabriqué par le système éducatif européen pour servir les enjeux du colonialisme en Afrique. Nous devons analyser individuellement et faire avec les ressources qui sont à notre disposition. Mais le corps physique est complexe. Un Africain peut marcher sur les Champs-Elysées sans que personne ne sache où est son esprit. C’est une histoire compliquée peu racontée. Peu de romanciers ont écrit au sujet de cette agonie. L’agonie du déplacement. Beaucoup d’Africains préfèreraient vivre sous le soleil plutôt que sous la neige. C’est le sujet de mon film : le dogme que nous créons et qui compromet notre visage humain. Si le dogme n’a pas de visage humain, c’est pour moi un exercice fasciste. Et dans beaucoup d’endroits en Afrique, nous sommes dans cette situation-là. Nous sommes manipulés par des pouvoirs globaux qui écrivent des scénarii que nous appliquons.

Afrik.com : Par le biais des personnages de Cassandra et Teodross, vous abordez le thème du métissage et du racisme…

Hailé Gérima :
Pour moi, Tesfaye est malhonnête parce qu’il laisse son enfant sous prétexte qu’il a une révolution à mener en Afrique. Il n’y a pas de révolution si ce n’est d’être responsable de la femme que tu as marié et des enfants que tu as créés. Anberber dit à Tesfaye « C’est aussi la maison ». Il ne parle pas de l’Allemagne mais de son fils Teodross. Et Tesfaye dit « Qui sait ? Il sera peut-être président de ce pays ! ». C’est un sujet très important pour moi parce que j’ai rencontré beaucoup de jeunes allemands noirs qui souffraient du racisme du fait de l’absence de leur père qui aurait pu poser le contexte de ce qu’ils allaient devoir affronter. Pour moi, Teodross aurait été meilleur si Tesfaye avait été là, mais Tesfaye ne se préoccupait pas de Teodross, il se préoccupait de la grande Histoire. Peut-être que les Africains laissent des enfants partout pour créer une catégorie africaine supérieure. Je ne crois pas. Il faut être continuellement humain. Tu fais un petit garçon ou une petite fille, tu dois affronter les conséquences. C’est un hommage à tous les enfants métis que j’ai rencontrés en Allemagne ces dernières années. Certains d’entre eux m’apparentent à leur père et j’avais envie de montrer cette génération qui m’a touché. Cassandra est une étrangère en Allemagne tout autant qu’Azanu est une étrangère dans son village. Et Anberber est attiré par ces étrangères.

Afrik.com : L’un des principaux thèmes de ce film est l’enfance. Votre personnage y revient continuellement et le scénario entier évolue autour de plusieurs enfants. Est-ce parce qu’à ce moment de votre vie vous avez envie de parler de cela ?

Hailé Gérima :
Non, je suis heureux, j’ai une famille, mais le plus beau moment de ma vie, c’est lorsque j’étais enfant. Et je n’ai pas l’impression qu’aujourd’hui les jeunes éthiopiens ont les moyens d’être heureux ni d’être des enfants. Chaque fois que je retourne en Éthiopie, j’ai la nostalgie de mon enfance. Mais les enfants d’aujourd’hui n’ont pas cette enfance-là, ils ne peuvent pas se le permettre. L’environnement a changé, l’écologie a changé, la politique a changé, la population a changé… Et la différence, pour ces enfants, c’est cette réalité-là. La structure du film tourne autour de ces perturbations. Anberber n’a pas la liberté de retrouver la mémoire, il a atteint un état où les circonstances historiques ne lui permettent pas de recouvrir la totalité de ses souvenirs. Il doit être interrompu. Et c’est ce que je ressens chaque fois que je vais en Éthiopie La mémoire de mon enfance est toujours interrompue. C’est la réalité qui l’interrompt. Ce sont les circonstances qui l’interrompent. Tout comme je dédie ce film à tous les Noirs qui sont battus et tués par le simple fait d’être Noirs. Lorsque je cherchais de l’argent, c’était hypocrite. Je cherchais de l’argent auprès de sociétés qui tuent mes semblables. Tout cela fait partie de mon film.

Des acteurs principalement non-professionnels

Afrik.com : Parlons un peu de votre casting. Les acteurs sont impressionnants de naturel et, pour la plupart d’entre eux, c’était leur première fois au cinéma. Comment les avez-vous recrutés en Ethiopie comme en Allemagne ?

Hailé Gérima :
Fondamentalement, le rôle de la mère était très important pour moi. Mais la mère que j’ai trouvée ne connaissait rien au jeu d’acteur. C’est une amie d’enfance de ma mère. Elles étaient orphelines et amies et ont grandi dans une mission catholique durant la guerre entre l’Éthiopie et l’Italie. Je me suis donc servi de cette amitié avec ma mère pour la convaincre de jouer le rôle, et être sûre qu’elle le comprenait et collaborait avec moi plutôt que d’avoir peur de jouer. Les autres acteurs, j’en ai rencontrés certains dans différents réseaux, notamment dans des réunions d’étudiants où j’ai été pour rencontrer cette génération d’Ethiopiens. La femme qui joue Azanu au village (Téjé Tesfahun) est une chanteuse traditionnelle. Quant à Anberber, il vit entre les États-Unis et l’Éthiopie. Je crois qu’il est né en Amérique mais c’est le fils d’un ami avec qui j’ai grandi en Éthiopie. Pour la partie allemande, tous les acteurs vivent en Allemagne excepté Cassandra (Araba Evelyn Johnston-Arthur) qui vit en Autriche.

Afrik.com : Comment travaillez-vous avec des acteurs non-professionnels ?

Hailé Gérima :
Quand vous travaillez avec des acteurs non-professionnels, vous ne les embêtez pas avec le jeu. Vous essayez de les mettre à l’aise, de les laisser faire naturellement et de leur laisser l’occasion de faire quelque chose de bien. Il ne faut pas les embêter avec la technique, la caméra, bref, les pressions extérieures. J’essaie donc de rendre la caméra invisible, de prendre le temps avec eux jusqu’à ce que cela paraisse naturel. Pour le rôle de la mère par exemple, une personne lui lisait le scénario tous les soirs plusieurs mois avant le tournage. Je fais ça depuis longtemps, je ne travaille pas souvent avec des acteurs. Je trouve intéressant de temps en temps d’avoir des performances « organiques » provenant de non-professionnels. J’apprends comment tirer quelque chose d’eux, c’est un défi.

« Laisser mon état de colonisé derrière moi »

Afrik.com : Votre grand-mère était conteuse, votre père était metteur en scène de théâtre. Comment en êtes-vous venu au cinéma ?

Hailé Gérima :
Initialement j’ai grandi avec le théâtre. Mon père était un auteur de pièces musicales je dirais, ma mère et ma grand-mère étaient conteuses et j’ai grandi avant l’électricité. Dans notre maison, autour du feu, ma grand-mère racontait des histoires et j’ai beaucoup appris. Elle pouvait raconter des histoires d’une façon très intéressante, comme si c’était à chaque fois une nouvelle histoire. Et je sais qu’il est bon que l’audience ne sache pas où l’histoire la mène mais que ce soit le narrateur qui le décide. J’ai appris la façon dont elle structurait ses histoires, le rythme avec lequel elle les racontait… Tout ça m’a aidé à apprendre et choisir ce que je pouvais apporter au cinéma. Mon univers cinématographique a débuté accidentellement car j’étais déçu par mon école de théâtre aux États-Unis et je suis passé au cinéma. Lorsque j’ai réalisé mes premiers films, j’étais Noir, je faisais donc des films de Noir et les afro-américains sont ceux qui m’ont donné envie d’être réalisateur. Depuis, j’ai continué.

Afrik.com : Quel film, que vous auriez vu en Éthiopie ou aux États-Unis, vous a influencé ?

Hailé Gérima :
En Éthiopie, nous avons été conditionnés pour les films américains, c’était en quelque sorte irrationnel. C’était une expérience coloniale, mon histoire du cinéma est une histoire d’envoûtement colonial. Le cinéma en Éthiopie déplaçait les histoires locales. Nos histoires étaient marginalisées. Personnellement, j’étais colonisé par… ces films de cow-boys, de Tarzan qui représentaient pour moi ce qui était bon. C’est lorsque je suis arrivé aux États-Unis que j’ai été exposé aux questions africaines et que j’ai été valorisé par la lutte des Noirs, les Black Panthers, le mouvement Noir… Tout cela m’a interrogé sur l’Afrique: pourquoi suis-je colonisé, comment puis-je me libérer de ce colonialisme et j’ai commencé à reconquérir ma propre histoire : où suis-je né, où ai-je grandi… Cela compte beaucoup pour moi. J’ai donc commencé à collecter l’héritage, la signification spirituelle, pour moi, de ce passé. Et si je peux faire une chose, c’est raconter l’histoire de cette idée, pas imiter les histoires d’Hollywood. Lorsque j’ai étudié le cinéma, j’ai vu quelques films africains – pas beaucoup mais quelques uns – de Sembène Ousmane, Med Hondo et aussi beaucoup de films d’Amérique Latine qui questionnaient leur propre situation. Ces films m’ont parlé, justement parce que j’étais dans un concept de décolonisation de moi-même. Cela m’a aidé à me prouver que mon histoire est aussi importante et que je n’ai pas besoin de copier les déchets de la culture coloniale.

Afrik.com : Vous êtes arrivé aux États-Unis à l’âge de 21 ans. Comment s’est passé votre arrivée là-bas ?

Hailé Gérima :
Je suis parti seul à l’âge de 21 ans pour étudier à Chicago. Cela a été un grand choc, spécialement par rapport au racisme et au fait qu’il existe. Je pense qu’être en Amérique et m’identifier à la lutte des afro-américains m’a aidé à me protéger et à sauver mon identité. Mais cela a été un voyage déterminant : celui de laisser mon état de colonisé derrière moi.

Afrik.com : Quelle a été votre relation, en tant qu’Africain, avec les Afro-américains ?

Hailé Gérima :
Je crois que les afro-américains militants l’ont toujours été. L’histoire afro-américaine et caribbéenne fait que beaucoup d’entre eux sont fiers de venir d’Afrique. C’est nous, les Africains, qui ne savons pas comment les Africains sont dans cette hémisphère. Parce que nous avons appris la révolution française, l’histoire britannique, la révolution américaine… Et je pense que ma génération en particulier connaît mieux les pays de l’Ouest que son propre pays. Les Afro-américains sont des combattants pour ceux, comme moi, qui ne connaissaient pas leur propre pays et à qui l’ont disait « tu sais, tu viens d’un continent très important ». Au début je ne voulais pas m’identifier aux Afro-américains, et lorsque le racisme m’a frappé, je me suis tourné vers eux. C’est un cycle. Pour moi, cette période était très importante pour me découvrir, connaître mon africanité… L’idée de panafricanisme est devenue beaucoup plus réelle pour moi car des gens comme Garvey ou Robson avaient un sens réel.

Afrik.com : Ressentez-vous une différence entre les réalisateurs africains vivant en Afrique et ceux qui vivent à l’étranger ?

Hailé Gérima :
On croise la plupart des réalisateurs dans les métros européens ! Ils cherchent tous de l’argent, quémandent de l’argent… Aujourd’hui il y a des réalisateurs qui font de la vidéo localement, mais tous les réalisateurs africains sont des nomades. Par exemple, il faut monter nos films pendant trois mois en France. Je préfèrerais monter en Éthiopie, mais cela dépend des ressources financières. Nos pays ne sont pas gentils, pourquoi nos élites ne nous soutiennent pas ? Je ne suis pas attiré par les élites africaines. Elles sont pour moi la cause des déplacements d’intellectuels. Elles ont été formées par le colonialisme et ne favorisent pas l’intégrité des intellectuels qui imaginent ou contribuent à une Afrique différente. L’ennemi des authentiques intellectuels est national et international. C’est une force globale. Où sont-ils ? Je m’en fiche. Ce qui compte c’est ce qu’ils font. Si je suis en Éthiopie sans ressources dans un pays qui n’a pas de politique cinématographique et ne se préoccupe pas de la culture, je cause des problèmes. Il vaut donc mieux que je sois ailleurs. Si nous voulons être des créateurs culturels, nous devons faire l’Histoire. Et pour faire l’Histoire, nous devons culturellement nous donner les moyens de le faire : les guerres, les armes que nous n’avons pas fabriquées mais dont nous nous servons, tout cela doit cesser. Nous devons créer une nouvelle humanité car l’Afrique est un continent riche, mais nous mourrons pour le capitalisme, les multinationales étrangères… Faisons ce que nous pouvons et laissons les autres générations faire mieux que nous.

Un film sur les écrans italiens, suisses, autrichiens, polonais, français… mais pas encore africains

Afrik.com : Teza a-t-il été projeté en Éthiopie ?

Hailé Gérima :
Oui, le film est sorti depuis le mois de décembre 2009. Les gens vont le voir, notamment les jeunes, ce qui est donc très encourageant. Nous avons lancé la première aux États-Unis, à Washington depuis huit semaines, et les jeunes Ethiopiens étaient très enthousiastes.

Afrik.com : Dans quels autres pays planifiez-vous de sortir ce film ?

Hailé Gérima :
Il est sorti en Italie, dans plusieurs cinémas, en Suisse aussi, en Autriche, en Pologne, il va bientôt sortir en Allemagne courant mai ou juin 2010. Pour ma part, je me concentre sur la distribution aux États-Unis, à Washington, à New York, en Californie, à Los Angeles… En ciblant juste un cinéma à la fois.

Afrik.com : Pensez-vous que Teza pourra être distribué dans d’autres pays africains ?

Hailé Gérima :
Oui, j’ai les droits de distribution et nous allons essayer de distribuer les films dans les capitales. Nous avons démarré en Amérique, nous allons voir ce que cela donne en Europe et nous allons mettre au point une stratégie de distribution. Ce n’est pas seulement la production de films qui est difficile, la distribution est elle aussi dans une situation critique en Afrique. C’est une tâche énorme à mener sur le continent mais il est important de le faire.

Teza, Éthiopie/Allemagne/France – 2008 – 2h20
de Hailé Gérima

avec Aaron Aréfé, Abéyé Tedla…

Sortie française le 28 avril 2010

Avant-première à l’Espace Saint Michel, 75004 Paris,
mercredi 28 avril à 18h30 en présence du réalisateur

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