Tchat avec Papa Wemba

Vendredi 30 avril 2004. Il est un peu moins de 17 heures et les premières questions arrivent déjà sur le tchat… Normal, l’invité d’Afrik est aujourd’hui Papa Wemba, LA star congolaise. Pendant 40 minutes, le chanteur, décontracté et sûr de lui, va répondre aux interrogations de ses fans. Florilège.

Dimitri : A quand le prochain album world music ?

Ce sera pour l’année prochaine et ça s’appellera « Bravo l’artiste » !

Régine : Un scoop sur cet album ?

Il y aura peut-être Craig David…

Tony : Avec quel artiste avez-vous encore envie de vous produire ?

Il y en a beaucoup ! Craig David, bien sûr, et j’aimerais faire un vrai duo avec Stevie Wonder. De nombreux jeunes chanteurs me font aussi rêver.

Aïcha : Qu’est-ce-qui vous inspire de la si bonne musique ?

L’inspiration est là, car la vie en elle-même est une inspiration…

Vizconde Del Pal : J’ ai appris que la musique congolaise commençait à perdre de l’ampleur en Afrique et que les Ivoiriens étaient maintenant au top .Qu’en pensez-vous ?

C’est juste, mais je crois que la musique congolaise va reprendre sa place. Nous sommes en train de nous organiser pour cela.

Tasha : Comment faire pour que la musique congolaise reprenne sa place d’antan ?

C’est encore un secret, je me suis concerté avec Koffi Olomidé à ce sujet. Vous aurez la réponse bientôt…

Jo : Quelles sont vos relations avec Koffi Olomidé ?

C’est mon jeune frère, et c’est un artiste dans mon pays. J’ai de très bonnes relations avec lui, on s’est vus la semaine dernière.

Atafo : Quelles relations entretenez-vous avec votre maison de disque (Next Music) ?

Je les ai traduits en justice pour non respect de contrat.

Thomas : Avez-vous déjà pensé à vous produire vous-même ?

A chacun son métier, moi je me limite à ce que je sais faire, c’est-à-dire chanter.

Isabelle : Bonjour Papa Wemba, je ne sais pas où en est votre procès, j’espère que malgré le monde du business, vous êtes resté un honnête homme.

Chaque chose a un début et une fin. Quand on a des problèmes avec les hommes ça va, mais il faut éviter d’en avoir avec la justice car on est mis à genoux.

Robert : Pensez-vous avoir été trahi ? Et par qui ?

La trahison est là. Je ne sais pas par qui mais on peut être trahi par tout le monde, même par ses propres frères…

Tasha : Pensez-vous qu’on ait voulu porter atteinte à la légende africaine que vous êtes avec ces déboires judiciaires ? Où en est votre réputation à l’heure actuelle ?

Je crois que c’était la démarche. C’était pour m’enterrer vivant, mais Dieu a confondu mes ennemis. Je ne peux pas me juger moi-même, mais je crois que je trône toujours sur la musique congolaise et africaine en général…

Romuald : Où en sont vos tracas avec la justice ?

Je vois le bout du tunnel, j’attends le verdict.

Marc: Avez-vous le droit de quitter le territoire français ?

Absolument !

Alicia : Comptez-vous rentrer définitivement à Kinshasa ?

C’est un de mes projets, j’aimerais m’y installer, mais je dois rester à cheval entre plusieurs pays.

Arnold : Quand comptez-vous exactement y rentrer ?

Définitivement, ce n’est pas encore prévu. Mais je rentre en juin pour y fêter mes 55 ans !

Jeancy : Où en est votre project du studio d’enregistrement en RDC ?

Il faudrait que le pays devienne un peu plus calme et stable économiquement, mais je finirai par le faire.

Amina : Que pensez-vous de la situation politique actuelle en RDC après toutes ses années de turbulences ?

La politique africaine est gérée par l’Occident. Ce n’est pas le Congolais qui décide lui-même de son sort.

Rose : La musique est toujours un peu politique dans vos textes…

Politique, le mot est un peu trop fort, je n’utilise pas la musique pour cela.

Erg : Souhaitez-vous faire de la politique un jour ?

Non ! Je suis apolitique !

Fabienne : Une rumeur court comme quoi tu es devenu pasteur ou prêtre, j’aimerais savoir si tu vas arrêter de chanter pour te consacrer à Dieu ?

Dieu est là pour nous tous. Chacun de nous possède un don, le mien c’est de chanter. Je vais continuer à chanter et je vais glorifier Dieu à travers mes chansons.

Mika : Pourquoi chanter Dieu après la prison ?

J’ai été enfant de choeur. J’ai toujours chanté Dieu, cela ne date pas d’aujourd’hui. Le changement, c’est que je commence à dire ma foi tout haut.

Janette : J’ai entendu dire que votre mère était « pleureuse » lors des cérémonies mortuaires, est-ce vrai ?

Oui, et elle a été mon premier professeur de chant !

Sylvie : Quels sont vos loisirs ?

La marche à pied, les discussions entre amis… et surtout la compagnie feminine !

Rodolf : Papa Wemba est-il toujours aussi tombeur ?

J’ai toujours un faible pour la femme. Car là où elle est, il y a la paix du coeur.

Arnold : Combien avez-vous d’enfants ?

Je suis un homme à femmes… je tairai le nombre d’enfants mais j’en ai plusieurs.

Marc : Pourquoi avoir surnommé votre femme « amazone » ?

C’est un petit sobriquet que j’ai trouvé quand j’étais gamin. Parce-que c’est une femme forte.

Joyce : Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?

34 ans !

Coco : Qu’est devenue la carrière musicale de votre fille Orphée que vous nous présentiez en 2002 ?

C’est encore une enfant d’à peine 11 ans. Je la laisse aux études.

Chico : Que pensez-vous de la dépigmentation pratiquée chez vos compatriotes ?

C’est à chacun de voir comment il veut embellir sa peau. C’est une question personnelle.

Coco : Vous avez 55 ans. Vous ne les faites pas ! Quel est le secret de votre éternelle jeunesse ?

Tout se passe dans la tête.

Corina : Etes-vous toujours un grand sapeur avec tous les frais que cela implique ?

(rires) C’est vrai que j’aime bien m’habiller !!

Rimel : Quelles sont les perspectives qu’offre Internet pour un artiste comme vous ? Pensez-vous que ce soit une réelle opportunité ?

C’est un outil de diffusion de la culture, indispensable pour nos enfants.

David : Après cette longue carrière, de quoi avez-vous besoin aujourd’hui ?

Chacun de nous a toujours besoin de plus. Que Dieu me prête longue vie pour m’occuper de la jeunesse de mon pays, musicalement parlant.

Modérateur : Un message à adresser aux internautes ?

Ngai na sepeli mingi (je suis très heureux) !