Tchad : une présidentielle boycottée par l’opposition

Les trois principaux leaders de l’opposition tchadienne ont décidé de boycotter les élections présidentielles prévues lundi. Malgré cette annonce, Idriss Deby, l’actuel chef d’Etat, a déclaré vendredi que le scrutin était crédible.

Les Tchadiens votent lundi pour élire leur président pour un mandat de cinq ans. Les trois principaux opposants à l’actuel chef d’Etat Idriss Deby, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar, ont à nouveau décidé de suspendre leur participation à la présidentielle. Ils avaient agi de la même façon lors du précèdent scrutin, en 2006. Ils ont notamment dénoncé des fraudes lors des élections législatives de février qu’ils ont qualifiées de « mascarade électorale». Ils exigent désormais que de nouvelles cartes d’électeurs soient distribuées.

Une élection qui se veut transparente

Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990, a estimé vendredi lors d’une conférence de presse à N’djamena, que malgré la décision prise par ces concurrents « les élections vont être crédibles ». Selon lui, la raison fondamentale de leur rejet de la présidentielle est qu’ils « sentent qu’ils seront battus. » « Je crois que ce sont des gens un peu essoufflés sur le plan financier après les législatives », a-t-il ajouté.

Le taux de participation est le véritable enjeu de cette élection. Toutefois, l’actuel chef d’Etat a prédit une « participation massive » du peuple, qui selon lui, sera supérieur à celui des élections législatives. » Convaincu qu’il sera réélu, il prévoit sous son quinquennat de faire de sa priorité le « développement du monde rural, qui représente 80% de la population. » Pour assurer le bon déroulement du scrutin, près de 3500 observateurs de la société civile seront déployé à travers tout le pays, a annoncé jeudi Massalbaye Tenebaye, le président de la Coalition indépendante pour des élections libres (Ciel), proche du pouvoir.