Tchad : les troupes de Déby tiennent tête aux rebelles

Les combats ont momentanément cessé dans l’Est du Tchad. Am Zoer est désormais aux mains de l’armée tchadienne depuis la « victoire décisive » qu’elle a remportée sur les rebelles mardi après-midi. Le bilan officiel des combats reste inconnu à ce jour. Le gouvernement tchadien tout comme les rebelles ne s’accordent ni sur la situation réelle ni sur les chiffres. Quant à la communauté internationale, elle soutient le régime en place mais se garde d’intervenir.

Les troupes gouvernementales tchadiennes semblent reprendre le dessus une semaine après l’offensive lancée par les rebelles dans l’Est du Tchad. L’armée régulière a indiqué, mercredi, avoir repris la localité d’Am Zoer, située à 80 kilomètres d’Abéché. Aux mains des rebelles mardi matin, Am Zoer est finalement tombée sous contrôle gouvernementale après de rudes combats en fin de journée. Une victoire que le chef d’état major de l’armée de terre, le général Touka Ramadan Koré, n’a pas hésité à qualifier de « décisive » devant des journalistes, présents mercredi sur les lieux des combats. Adeptes des offensives surprises et des guérillas, les rebelles n’ont pas su s’organiser face à la riposte de l’armée régulière. Une victoire que cette dernière savoure davantage au fur et à mesure que des rebelles, sans pouvoir estimer leur nombre, se rallient à présent à la cause d’Idriss Déby.

Minimiser le bilan pour garder le moral

En coulisse, la guerre des chiffres bat son plein. L’armée tchadienne a affirmé, mercredi, que 162 rebelles et six militaires ont été tués au cours de la bataille d’Am Zoer. Ce que conteste avec force l’Alliance Nationale, qui rassemble les factions rebelles du pays. Elle ne reconnaît la mort que de 27 de ses hommes et fait état de « 63 blessés ». « Le bilan de l’armée est faux », a indiqué le porte-parole du groupe, Ali Gueddei, arguant que « c’est un truc pour remonter le moral des troupes ». Une affirmation qui pourrait lui être retournée… Les quelques journalistes présents sur place ont du mal à établir un bilan exact des combats, qui ont momentanément cessé. Mais la situation évolue d’heure en heure.

La communauté internationale condamne les attaques rebelles sans intervenir

La Commission de l’Union africaine et les Nations Unies ont fermement condamné, lundi, les attaques de l’Alliance Nationale. La France, précieux allié du Tchad, a réaffirmé son soutien au chef de l’Etat. Elle exclut cependant toute intervention militaire, position qui entre désormais dans le cadre de la nouvelle politique de défense et de sécurité de la France. Quant à la force européenne Eufor, elle déclare vouloir s’en tenir à son mandat. En réponse au président tchadien qui a remis en cause, lundi, la mission de la force, Cristina Gallach, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Javier Solana, a rappelé que « l’Union européenne n’a pas comme mandat de s’occuper des rebelles ; ça c’est la responsabilité (…) des autorités. ». Cependant, l’Eufor a renforcé la protection des camps de réfugiés dans l’Est du pays et a procédé à l’évacuation des humanitaires qui le souhaitaient.

Malgré sa déroute à Am Zoer, l’Alliance Nationale ne s’avoue pas vaincue et reste déterminée à atteindre la capitale. « Nous continuons la lutte, nous continuons à nous battre (…). Pour le moment, nous regroupons nos forces dans la région d’Am Zoer. Ceux qui disent que c’est fini se trompent. Nous allons les détromper: l’objectif reste N’Djamena. Attendez quelques jours », a déclaré M. Gueddei.

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