Somalie : les Shebab lancent un assaut contre le palais présidentiel de Mogadiscio

Un attentat à la voiture piégée, suivi d’une attaque par des hommes armés a fait plusieurs morts et d’importants dégâts matériels, ce vendredi matin dans la capitale somalienne.

Plusieurs personnes ont été tuées ce vendredi matin dans un attentat contre le palais présidentiel de Mogadiscio. Selon un haut responsable gouvernemental joint par l’AFP, un membre du cabinet du Premier ministre et un ancien chef-adjoint des services de renseignements figureraient parmi les victimes. Le président, Hassan Cheikh Mohamoud, a quant à lui rapidement fait savoir qu’il était indemne, par l’intermédiaire du représentant spécial de l’ONU pour la Somalie.

L’attaque, rapidement revendiquée par les Shebab, a été qualifiée de « spectaculaire attentat commando ». Un attentat bien orchestré qui montre le niveau d’organisation du groupe terroriste : les témoins font état d’une voiture piégée à l’explosif qui, propulsée contre le mur du palais présidentiel par un kamikaze, aurait explosé ouvrant la voie à un autre véhicule transportant des hommes armés qui ont pu ainsi pénétrer dans l’enceinte du bâtiment. S’en sont suivis des échanges de coups de feu nourris qui ont cessé aux alentours de 12h00 GMT, selon les journalistes présents à proximité. Le ministre de la Sécurité nationale, Abdikarim Hussein Guled avait affirmé à la presse, peu après l’attentat, que la situation était « sous contrôle des forces de sécurité », qui, rapidement intervenues, ont réussi à maitriser les terroristes.

C’est la deuxième attaque des Shebab dans la capitale somalienne ce mois-ci : le 13 février, six personnes avaient déjà perdu la vie dans un attentat contre un convoi de l’ONU, à l’entrée de l’aéroport. Deux complexes ultra sécurisés visés par des attaques de plus en plus organisées.
Les terroristes entendent ainsi envoyer un message fort au gouvernement de transition. Le porte parole du groupe affilié à Al Qaida, Aziz Abu Musab, a déclaré à l’AFP ce vendredi que désormais « aucun endroit n’est sûr pour le gouvernement apostat ».

Les Shebab qui avaient été chassés de la capitale en aout 2011, continuent de contrôler de vastes zones dans ce pays ravagé par des décennies de guerre civile.