Somalie : les combats font rage entre forces islamistes et gouvernementales

Les combats se poursuivent près de Baïdoa, en Somalie, deux jours après l’expiration de l’ultimatum lancé par les islamistes à l’intention des militaires éthiopiens qui soutiennent le gouvernement de transition. Les deux parties semblaient pourtant prêtes à dialoguer comme le soulignait encore, mercredi soir, Louis Michel, le commissaire européen au Développement.

Les combats continuent, ce jeudi, de plus belle près de Baïdoa, au sud-ouest de la Somalie, entre les soldats du gouvernement transitoire, soutenu par l’Ethiopie, et les forces des tribunaux islamiques. Les hostilités ont débuté dans la nuit de mardi à mercredi. Soit quelques heures après l’expiration à minuit de l’ultimatum fixé par les islamistes aux troupes éthiopiennes, qui protègent le gouvernement de transition, pour quitter leur pays. L’Union des tribunaux islamiques (UTI), qui a pris le pouvoir en juin 2006 à Mogadiscio, la capitale d’un Etat en guerre depuis 1991, prétend que 30 000 Ethiopiens seraient présents en Somalie. Les Ethiopiens affirment, eux, qu’ils ne seraient que quelques centaines à apporter leur appui aux autorités de transition. Les experts, pour leur part, estiment que leur nombre serait compris entre quinze et vingt mille.

La Somalie en « état de guerre » contre l’Ethiopie

Les violences se multiplient à proximité du siège du gouvernement de transition somalien alors que, mercredi soir, Louis Michel, le commissaire européen au Développement semblait confiant quant à la poursuite des négociations entre les parties bélligérantes. De retour de sa visite en Somalie, il avait indiqué qu’elles étaient tombées d’accord « sur (la) cessation des hostilités » et « la reprise du processus de dialogue ». Lle leader islamique somalien cheikh Hassan Dahir Aweys a cependant déclaré, ce jeudi, à l’Associated Press, que son pays était « en état de guerre ». «Tous les Somaliens, a-t-il poursuivi, doivent participer à ce combat contre l’Ethiopie. Si vous ne pouvez pas vous battre, vous pouvez contribuer à cette lutte d’autres façons. »

Les menaces du Cheikh Youssouf Sia « Inda’ade », le responsable de la défense du Conseil somalien des tribunaux islamiques, ont donc été mises à exécution. Il avait affirmé que les miliciens islamistes étaient prêts à recourir à la force pour obliger les Ethiopiens à quitter le territoire somalien. Pourtant, en début de semaine, ces violences ne semblaient pas à l’ordre du jour. Le porte-parole de l’UTI, Abdirahman Ali Mudey, indiquait quelques jours auparavant que son mouvement était prêt à dialoguer. « Nous n’avons pas voulu dire que nous allions les attaquer s’ils ne partaient pas. […] Nous voulons que les pourparlers se poursuivent et que les Ethiopiens partent. » Une sortie qui est venue contredire les propos belliqueux du Cheikh Youssouf et qui dénotent de la division qui règne au sein de l’UTI. Mais l’aile dure, si l’on s’en tient aux hostilités que connaît la Somalie, semble avoir eu le dernier mot.