Sénégal : Président Wade, revoyez votre Conseil Financier

Par mesure d’indulgence, l’Etat ou tout employeur pour embaucher ne doit pas négliger certaines formalités : vérifier la moralité et l’intégrité de l’individu en lui demandant un extrait de casier judiciaire, ensuite vérifier l’authenticité de ses titres, diplômes, attestations et documents administratifs et enfin contacter tous ses anciens employeurs pour voir si le candidat est recommandable. Malheureusement, les recrutements dans le cabinet du Président Abdoulaye Wade et les nominations de son régime, dérogent à cette règle et comportent autant des vices et d’incongruités. Le Pôle financier formé autour du Chef de l’Etat, qui est un secteur hyper sensible et ultra stratégique, devait échapper à ce laxisme. D’ailleurs le Président Abdoulaye Wade a un intérêt très urgent et pour mout raisons à se rectifier sur la validité de ces promotions conclues sur la base de déclarations inexactes, mensongères et frauduleuses.

Aujourd’hui, il mérite non seulement d’éclairer l’opinion mais aussi de redéfinir au Président de République sur la signification des deux professions de la finance qui sont les plus usurpés au Sénégal, à savoir l’Analyste Financier et l’Expert Financier. Un Analyste Financier possède un titre universitaire égal à un Bac +5 en Economie ou en Gestion. Ensuite il suit successivement deux formations académiques mondialement reconnues que sont : le Certified International Investment Analyst (CIIA) et le Certified International Wealth Manager (CIWM). Et, avant de pratiquer il s’inscrit dans un Ordre d’Analystes Financiers. En France cet ordre s’appelle la Société Française des Analystes Financiers. En plus de ses primes et prestations, l’Analyste financier a un salaire net de 90 000 Euros soit 60 millions de Francs CFA par an. Il existe six types d’Analystes Financiers : Analyste Sell-side, Analyste Buy-side, Analyste Corporate Activité Primaire, Analyste Corporate Private Equity, Analyste Corporate Fusions et Acquisitions, Analyste Crédit.

Quant à l’Expert Financier, il doit d’abord acquérir une expérience de 15 ans comme Analyste Financier, puis soutenir une Thèse de Doctorat d’Etat soit un titre universitaire égal à un Bac +8, et ensuite s’inscrire à l’Ordre des Experts Financiers qui lui fait subir des tests, des séminaires et des courtes formations académiques et ensuite juger apte à lui délivrer le diplôme d’expertise financière. L’Expert Financier définit la mise en place de la politique économique et financière, la plus adaptée pour l’Entreprise. Il propose les mesures nécessaires qui facilitent la mise en œuvre des décisions stratégiques appropriées. Sans ses primes, avantages et prestations, l’Expert Financier a un salaire net de 150 000 Euros soit 100 millions de Francs CFA par an.

Pour conclure, flouer le Président de la République est possible mais les Sénégalais ne sont pas dupes et savent bien qu’un courtier en bourse ou « Broker » en terme anglophone n’est pas un Analyste Financier ni un Expert Financier. Ses fonctions se limitent seulement à installer un système d’information décisionnel. Par ailleurs, travailler à la city, le quartier londonien des affaires ou même à la Wall Street de New York, ne signifie point être un pratiquant ou spécialiste de la finance internationale, ni le plus brillant ou méritant des Sénégalais. En sus, l’inexpertise des conseils financiers entre guillemets du Chef de l’Etat qui se prévalent Analystes Financiers, Experts Comptables, Experts Financiers, Ingénieurs Financiers, Auditeurs Agrées, explique largement le mal du Président de la République à recadrer, à maîtriser les agrégats macroéconomiques de l’économie sénégalaise si délabrée.

Cheikh Sidiya Diop, doctorant ès Sciences Economiques à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne