
Désormais ex-sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw a adressé une mise en demeure à la Fédération sénégalaise de football (FSF) pour réclamer le règlement de six mensualités de salaire, de plusieurs primes et de différents frais et indemnités. Le montant total de ses revendications atteint 423 820 300 de francs CFA, soit environ 646 000 Euros. L’affaire remet en lumière un différend plus ancien sur la prise en charge de son contrat : la FSF l’avait signé, mais l’État sénégalais, traditionnellement chargé de rémunérer le sélectionneur, ne l’avait pas approuvé.
Pape Thiaw réclame précisément 423 820 300 francs CFA, soit près de 650 000 euros. Selon le décompte transmis à la Fédération, cette somme comprend 180 millions de francs CFA correspondant à six mensualités de salaire de mars à août 2026, 90 millions de prime de signature, 30 millions de prime spéciale, 100 millions liés à la CAN et à la qualification pour le Mondial, mais aussi 12 millions d’indemnités de logement, un peu plus d’un million de francs CFA de carburant et près de 10,7 millions de frais de déplacement.
FSF ou État sénégalais, qui doit payer ?
La mise en demeure a été adressée au président de la Fédération sénégalaise de football, et non aux autorités étatiques. Un choix qui peut surprendre puisque l’État sénégalais participe traditionnellement au financement des sélectionneurs nationaux.
La raison avancée est liée au fonctionnement contractuel de la sélection. Même si les fonds destinés au paiement du sélectionneur proviennent de l’État, « le contrat de travail est signé avec la Fédération sénégalaise de football« . C’est donc cette dernière qui constitue l’interlocuteur contractuel de Pape Thiaw et qui est tenue de répondre à ses obligations envers l’ancien sélectionneur. La situation place la Fédération dans une position délicate : elle doit répondre à un contrat qu’elle a signé alors que l’État, censé en assurer le financement, s’en était désolidarisé.
Une mise en demeure au moment du changement de sélectionneur
Le timing de cette démarche n’est pas anodin. Les dirigeants du football sénégalais s’apprêtent à désigner le successeur de Pape Thiaw, limogé le mois dernier après l’élimination du Sénégal en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 face à la Belgique.
Alors que la Fédération prépare l’arrivée d’un nouveau technicien, l’ancien sélectionneur entend, lui, obtenir le règlement de ses droits. Selon son entourage, il n’est pas question de voir son successeur être officiellement installé alors que plusieurs mois de rémunération restent impayés.
La mise en demeure ouvre désormais une phase potentiellement contentieuse. À défaut de règlement, le dossier pourrait être porté devant les juridictions compétentes. La Fédération doit donc gérer simultanément la succession sportive de Pape Thiaw et un litige financier de plus de 423 millions de francs CFA avec son ancien sélectionneur.
Vieira et Daf parmi les pistes
La Fédération sénégalaise de football travaille parallèlement sur l’identité du prochain sélectionneur. Une annonce est attendue le mardi 18 août, à l’occasion d’une conférence de presse prévue au stade Léopold-Sédar-Senghor, même si le nom du futur sélectionneur n’a pas encore été officiellement communiqué.
Deux profils connus figureraient notamment dans la short-list : Patrick Vieira, ancien capitaine de l’équipe de France et technicien passé par plusieurs clubs européens, et Omar Daf, ancien défenseur des Lions de la Téranga et membre de la génération sénégalaise de 2002. D’autres candidatures ont également émergé, notamment celle du Togolais Daré Nibombé.
La page Pape Thiaw est tournée sur le terrain, mais pas encore dans les comptes de la Fédération sénégalaise.




