Sénégal : la foi sur toutes les ondes

Les radios du Sénégal sont littéralement envahies de programmes religieux durant le mois du ramadan. Un phénomène à l’image de la très pieuse société sénégalaise. Musulmane à 92%.

 » Si le fidèle ne peut se rendre sur l’esplanade de la mosquée pour écouter le prédicateur , le prédicateur ira à lui…. Il le fera par les ondes hertziennes « , clame haut et fort, le quotidien Le Soleil.

En ces temps de ramadan, l’Islam fait en effet une percée remarquable sur les ondes des radios sénégalaises où la religion du prophète est déjà fortement présente. Aucune radio nationale n’échappe à l’orientation religieuse des programmes. Outre les convictions sincères des professionnels qui n’ont rien d’exceptionnel dans ce pays très pieux, l’engouement pour l’Islam n’échappe pas à la loi de l’audimat :  » C’est simple, depuis que nous avons lancé notre programme  » Sermon du Ramadan « , nous avons enregistré une augmentation de 35 à 40% de notre audience « , estime Margueritte Thiam, rédactrice en chef adjointe du journal parlé à la radio nationale (RTS).

11 émissions par jour…

Rien d’étonnant donc, si la plupart des radios privées ont pris le pli. Le pompon de la foi revient, selon Le Soleil qui a consacré un long article sur ce phénomène, à radio Dunyaa FM, déjà à forte  » connotation religieuse « . Durant le  » mois béni « , elle se tourne  » exclusivement vers l’Islam « … avec pas moins de 11 émissions de prédication par jour. Excusez du peu.

A la radio nationale, quatre émissions religieuses émaillent le programme. Outre les  » Sermons du Ramadan  » (diffusés dans les cinq langues nationales du pays) : le sermon du vendredi, en direct de la Grande Mosquée de Dakar, les prêches du jeudi matin (assurés par des conférenciers) et, cerise sur la gâteau, la  » Nuit religieuse « , en wolof, qui dure  » de 22 heures à… pas d’heures « , dixit notre consoeur, Marguerite Thiam.

Le  » Sermon du Ramadan « , démarre à 18 h heure locale, et s’achève deux minutes avant la rupture du jeûne. Point d’Imams qui préfèrent accueillir les fidèles dans les lieux saints, mais des professeurs et docteurs en théologie. En fait de prêche au sens strict, ceux-ci privilégient les conseils de vie quotidienne et les discours  » à forte teneur morale « , à même d’être  » entendus par les Sénégalais les plus modestes et, surtout, les jeunes « , explique-t-on à la RTS.