Sénégal : Karim Wade reste en prison, la Cour critiquée

Karim Wade, le fils de l’ex-Président du Sénégal reste en prison. En effet, la Cour spéciale a rejeté sa demande de liberté provisoire. Une décision qui lui a valu de vives critiques.

L’affaire Karim Wade n’a pas fini d’agiter le Sénégal. Après que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) eut rejeté la demande de liberté provisoire faite par les avocats de Karim Wade, elle subit de vives critiques notamment de la part de l’opposition et de certains membres de la société civile qui dénoncent un procès politique.

Demande de liberté provisoire rejetée

La CREI, en dépit du fait qu’elle juge la demande de liberté provisoire recevable, l’a rejetée estimant que la liberté de Karim pourrait causer des troubles à l’ordre public, ainsi qu’une subornation de témoins. Lors de la reprise du procès, les avocats de Karim Wade avaient sommé l’Etat de remettre en liberté leur client qui a déjà passé deux ans en prison, mettant en avant la présomption d’innocence ainsi que la durée de l’instruction.

Selon eux, rien ne prouve la culpabilité du fils d’Abdoulaye Wade, sa demande de liberté provisoire était donc légitime. « Au Sénégal, il n’y a aucun homme politique d’une telle envergure qui fait autant d’années en prison », a précisé Maître Seydou Diagne, l’un des avocats de Karim Wade.

Critiques à l’encontre de la Cour

La décision de la Cour divise les personnalités politiques du Sénégal. Certains s’étonnent de cette décision quand d’autre soutiennent la justice dans cette affaire. Dans les rangs de l’opposition, la décision de la Cour est sans surprise. « Nous nous attendions à un tel verdict », martèle Babacar Gaye, le porte-parole du Parti Démocratique Sénégalais ( PDS). Même le parti au pouvoir émet des réserves quant à la détention de Karim Wade.

Ainsi au sein de l’APR, le parti au pouvoir , certains doutent de la compétence de la Cour ou dénoncent un procès politique. Pour le député Cheikh Dionne, Karim Wade ne devrait pas rester en prison, selon RFI. De son côté, le secrétaire général d’une association de défense des droits de l’Homme est d’avis que « dans ce procès, la présomption d’innocence se transforme en présomption de culpabilité ».

Le fils de l’ancien Président a été arrêté le 15 avril 2013 au Sénégal. Il est poursuivi pour enrichissement illicite. Depuis, il est en détention à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss. Une affaire qui a mobilisé le Sénégal, deux années durant, et qui n’est pas prête d’être bouclée.