Sénégal : Idrissa Seck recadre le collectif « France dégage »

Idrissa Seck, ancien Premier ministre du Sénégal
Idrissa Seck, ancien Premier ministre

Le leader désigné de l’opposition sénégalaise, Idrissa Seck, a tiré à boulets rouges sur les activistes de « France dégage ». Selon le patron de Rewmi, ceux qui insistent pour que la France quitte le Sénégal ou l’Afrique n’ont rien compris.

La France est de plus en plus diabolisée en Afrique où des activistes, souvent instrumentalisés, militent en faveur du départ du colonisateur. C’est dans ce contexte que des mouvements comme « France dégage » ont vu le jour un peu partout sur le continent. C’est le cas au Sénégal où le député, membre de la société civile, Guy Marius Sagna, n’hésite pas à exiger le départ des structures françaises du Sénégal.

Orange, des sommes versées aux ménages sénégalais

Un non-sens indique l’ancien président du CESE (Conseil Economique Social et Environnemental). Invité ce vendredi matin sur Iradio, Idrissa Seck n’a pas mis de gants. Il a vertement tancé M. Sagna et a même suggéré aux médias de ne plus tendre le micro au député qui, dit-il, « ne sait même pas ce qu’il dit ». Pour le patron de Rewmi, celui qui exige le départ de la France du Sénégal, « n’a rien compris ».

« Je prends l’exemple d’une entreprise comme la Sonatal (Orange), qui a plus de 1 800 employés. Il n’y a pas un seul Français dans l’entreprise. Ils sont tous des Sénégalais. Avec une masse salariale de 300 000 milliards de FCFA, sur les 1 200 milliards de chiffres d’affaires. Cette somme va directement dans les ménages sénégalais », a détaillé l’ancien candidat à la Présidentielle.

Si la France dégage, que vont devenir les Sénégalais ?

Si on demande à une pareille entreprise de quitter le Sénégal, comment feront ces travailleurs sénégalais ? Est-ce que ceux qui veulent que de telles entreprises françaises quittent le pays ont bien réfléchi avant d’entreprendre une telle démarche ? », s’est demandé l’ancien Premier ministre du Sénégal.

« S’il y a des dividendes, l’Etat sénégalais empoche les 27%, les 42% reviennent aux Français. Quand l’entreprise doit implanter des poteaux et autres, elle fait recours à des travailleurs sénégalais. Et on se permet de demander à cette entreprise de dégager. Si elle dégage, que vont devenir les Sénégalais ? », poursuit l’ancien premier ministre du Président Abdoulaye Wade.

Empêcher aux gens de dire des bêtises

« Sous l’égide de l’ancien Directeur général, Cheikh Tidiane Mbaye, la Sonatel s’est implantée au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone. Et ce sont des Sénégalais qui pilotent ces projets sur le continent. Il faut empêcher à des gens comme Guy Marius Sagna de dire des bêtises. Il faut éviter de leur tendre le micro. A défaut, les orienter ou les recadrer. Mais ne pas diffuser tout ce qu’ils racontent comme bêtises », a conclu l’ancien président du CESE.