Ségolène Royal au Sénégal sur fond de polémique

Ségolène Royal, candidate potentielle du parti socialiste français aux élections présidentielles de 2007, est en voyage officiel au Sénégal jusqu’à mercredi. L’accord sur l’immigration signé entre Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, et les autorités du pays a suscité de vives réactions dans l’opinion locale, que son homologue sénégalais a dû apaiser. C’est dans ce climat que la candidate a amorcé sa visite.

Par Franck Salin

L’immigration ! C’est le dossier sur lequel Ségolène Royal est attendue au cours de sa visite officielle de deux jours au Sénégal. Arrivée lundi soir, la présidente de la région Poitou-Charentes et candidate potentielle du parti socialiste français aux élections présidentielles de 2007 devra se démarquer de Nicolas Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur l’a devancée sur le sol sénégalais où il s’est rendu la semaine dernière. Il a signé samedi avec les autorités locales un accord sur « l’immigration concertée ».

Cet accord a fait couler beaucoup d’encre au Sénégal et alimenté une polémique que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités, Ousmane Ngom, a voulu tuer dans l’œuf. Après le départ de Nicolas Sarkozy, le journal Sud Quotidien titrait à sa Une « revoilà les charters ! », et Le Quotidien écrivait « Les charters de Sarkozy vont, sous peu, reprendre du service. Dans une conférence de presse tenue dès lundi, Ousmane Ngom a assuré qu’ « il n’y aura pas de charters clandestins ». Il a ajouté que « désormais, le retour des migrants dans leur pays d’origine sera organisé conjointement par les deux pays », et ce « dans des conditions qui respectent la dignité et les droits de l’Homme. » Ousmane Ngom a également donné des gages de transparence sur la gestion des 2,5 millions d’Euros issus de l’accord sur la gestion des flux migratoires signé avec la France.

Immigration et co-développement

Ségolène Royal a estimé lundi qu’il y a « des choses pas mal » dans cet accord, mais qu’il « ne va pas très loin en termes d’aide au développement ». Le co-développement est le second dossier sur lequel elle est attendue au Sénégal, un sujet qu’elle affectionne particulièrement. Ségolène Royal devait être reçue ce mardi midi par le Président de la République, Abdoulaye Wade. Une entrevue suivie d’une série de rencontres avec les dirigeants du Parti socialiste du Sénégal (PS, opposition). Au menu de ses activités qui s’achèveront mercredi, il y aura aussi, entre autres, des débats sur l’émigration clandestine à Thiaroye, la signature d’un mémorandum de coopération entre la région Poitou-charentes et celle de Fatick, et la rencontre, à Niakhar, d’un groupement de femmes qui s’activent dans la vente de produits paysans.

Au cours de son séjour, Ségolène Royal a exprimé sa volonté d’ « écouter les gens » et de se « nourrir de ce qu’ils disent ». A son arrivée à Dakar, elle a déclaré que son déplacement au Sénégal « est un voyage exceptionnel auquel [elle] pense depuis longtemps, peut-être qu’inconsciemment il y a un retour aux sources ». Elle est née il y a 53 ans dans la banlieue dakaroise, sur une base militaire où son père était affecté.

La venue de Ségolène Royal au Sénégal s’inscrit clairement dans la course à la présidence. Son voyage, deux jours après celui de Nicolas Sarkozy, autre candidat potentiel à l’investiture suprême, prouve que l’Afrique et la question de l’immigration pèseront lourd dans les élections françaises de 2007.