Sécurité au Sahel : réunion franco-américaine

La France soutiendra logistiquement l’armée malienne dans le cadre d’une intervention militaire au Nord-Mali. Pour ce faire, le pays vient de reprendre sa coopération militaire avec le Mali. Ce mercredi, il se tient à Paris une réunion franco-américaine sur la sécurité au Sahel.

La crise malienne au centre des discussions. L’ONU a laissé 45 jours, à compter du vendredi 12 octobre, aux autorités maliennes et ouest-africaines pour présenter un dispositif armé opérationnel en vue d’une intervention militaire au Nord-Mali. Après avoir repris sa coopération militaire avec le Mali, le pays participe ce mercredi à la réunion franco-américaine, tenue à Paris, sur la sécurité au Sahel.

La sécurité au Sahel est un dossier à traiter de toute urgence. Depuis l’adoption par l’ONU de la résolution 2071, autorisant les autorités maliennes et ouest-africaines à fixer les modalités d’un déploiement militaire contre les islamistes, la guerre au Nord-Mali prend chaque jour un peu plus forme. La France, qui soutiendra logistiquement l’armée malienne dans le cadre d’une intervention militaire au Nord-Mali, se prépare déjà à cette éventualité. Même si « Paris a démenti mardi 23 octobre des informations de presse faisant état d’un envoi en cours de drones dans la région », rapporte RFI.

Paris et Washington, main dans la main

Les Etats-Unis semblent enfin clarifier leur position sur le Nord-Mali. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, le mardi 9 octobre, Philip Gordon, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé de l’Europe annonce le soutien de Washington à Paris en cas d’une éventuelle intervention militaire au Sahel pour y déloger les islamistes qui contrôlent le Nord-Mali depuis plus de six mois maintenant.

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, dénote une situation « gravissime » au Mali. « D’une part, l’intégrité du Mali est mise en cause -il est coupé en deux- et d’autre part au Nord, il y a des terroristes qui ont beaucoup d’armes et beaucoup d’argent, en partie liés au trafic des otages et en partie au trafic de drogue », a déclaré à RFI le chef de la diplomatie française. « Ces terroristes menacent les pays de l’Ouest africain et l’ensemble de l’Afrique. J’ai personnellement reçu des responsables de pays de l’Est africain qui m’ont dit que se constituait une espèce d’école de formation internationale du terrorisme à partir du Mali… ceci menace la sécurité de l’Europe… et de la France », a conclu le patron du Quai d’Orsay.

Même son de cloche du côté américain. « Nous soutenons l’intégrité territoriale du Mali. Nous sommes contre l’idée d’un Etat indépendant de l’Azawad. Le Mali doit recouvrer aussi vite que possible son intégrité territoriale », a affirmé Johnnie Carson, le responsable des Affaires africaines au Département d’Etat. « La question d’Aqmi, des salafistes et des extrémistes qui font part de cette organisation devra être traitée par les forces de sécurité, c’est à dire les militaires et la police. Mais laissez-moi dire, avec tout le respect dû à toutes les actions jusque-là engagées sur le plan militaire, qu’il est important que ce soit les Africains qui soient au devant et qu’ils s’en chargent », a-t-il poursuivi. Avant de préciser « Le rôle que nous devons jouer doit être celui d’un soutien fort, consistant et crédible, mais tout engagement doit être bien planifié, bien géré, bien financé et mené par des Africains ».

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union africaine (UA) se sont rencontrées, ce vendredi 19 octobre à Bamako, pour peaufiner un dispositif armé opérationnel. Les autorités africaines devraient envoyer entre 3 000 et 3300 militaires pour combattre les 5 000 milices qui contrôlent le Nord-Mali. Cette guerre, qui se dessine entre l’armée malienne et ses alliés contre les islamistes d’Aqmi, risque de prendre en otage les populations du Nord comme du Sud. Jeudi dernier, 2 000 Maliens ont manifesté à Bamako contre le déploiement d’une force armée étrangère. En cas de guerre, la vie des quatre otages français, détenus au Niger depuis 2010, serait également menacée.