
Le vote de la proposition de réforme de la Constitution par l’Assemblée nationale dirigée par Ousmane Sonko, malgré les réserves exprimées par le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye, alimente les discussions à Dakar. Entre l’idée d’un référendum évoquée par l’Exécutif, le rejet des amendements gouvernementaux par la majorité parlementaire et les déclarations du président de l’Assemblée nationale, les citoyens suivent avec attention une séquence politique qui suscite de nombreuses réactions. Reportage.
A Dakar,
Le débat sur la réforme de la Constitution s’est invité dans les conversations à Dakar au lendemain de son adoption par l’Assemblée nationale. Dans les marchés, les transports en commun, les cafés ou encore devant les commerces, les discussions tournent autour des divergences apparues entre le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye et la majorité parlementaire portée par l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Beaucoup disent avoir suivi les échanges retransmis depuis l’hémicycle et cherchent à comprendre les conséquences de cette nouvelle étape institutionnelle.
Diomaye pour un référendum, Sonko pour une promulgation
L’annonce du ministre de la Justice selon laquelle le président de la République Diomaye Faye envisagerait de soumettre le texte à un référendum a surpris de nombreux citoyens. Quelques heures plus tard, la déclaration du président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko annonçant la transmission directe du texte au chef de l’État pour promulgation a entretenu le débat. Dans les rues de la capitale, les avis divergent mais tous reconnaissent que cette séquence politique est exceptionnelle.
Mamadou Bâ, commerçant, affirme suivre les débats avec beaucoup d’attention. « Ce qui nous intéresse, c’est que les institutions appliquent la Constitution. Les Sénégalais veulent comprendre pourquoi il y a aujourd’hui deux lectures différentes d’un même texte ». Pour Awa Ndiaye, enseignante, l’essentiel reste le fonctionnement normal des institutions. « Le débat politique est normal dans une démocratie. Ce qui compte maintenant, c’est que les procédures prévues par les textes soient respectées jusqu’au bout et que les citoyens soient clairement informés ».
« Les débats sur le patrimoine intéressent beaucoup les citoyens »
Ousmane Sarr, chauffeur de taxi, estime que la situation mérite davantage de pédagogie. « Beaucoup de personnes parlent de majorité qualifiée, de référendum ou de promulgation sans vraiment connaître les procédures. Les autorités devraient expliquer simplement ce qui est en train de se passer ». De son côté, Khady Diop, infirmière, considère que la transparence est indispensable.
« Les Sénégalais suivent les événements presque minute par minute. Plus les responsables expliquent leurs positions, plus les citoyens pourront comprendre les enjeux ». L’une des dispositions qui revient régulièrement dans les conversations concerne la déclaration de patrimoine. Plusieurs Dakarois affirment avoir suivi les échanges portant sur cette question. « Beaucoup de citoyens souhaitent que la transparence soit renforcée », affirme Ibrahima Fall, comptable.
« Ce qui nous préoccupe, c’est la stabilité des institutions »
« Si des responsables publics doivent déclarer leur patrimoine, il faut que les règles soient clairement définies et appliquées conformément aux lois », poursuit-il. Fatou Seck, juriste, insiste sur la nécessité d’une cohérence juridique. « J’ai entendu que le gouvernement souhaitait élargir cette obligation à l’ensemble des responsables déjà concernés par les textes existants. Ce sont des questions qui méritent un vrai débat juridique ». Pour Abdoulaye Cissé, entrepreneur, les discussions ne doivent pas se limiter à une seule disposition.
« La réforme contient plusieurs articles importants. Les citoyens devraient avoir accès à l’ensemble du contenu afin de se faire leur propre opinion ». Dans plusieurs quartiers de Dakar, certains habitants disent surtout souhaiter que les institutions poursuivent normalement leur fonctionnement. « Nous voulons éviter les blocages », explique Aminata Sy, restauratrice. « Les institutions doivent continuer à fonctionner dans le respect des lois. C’est cela qui rassure les citoyens , estime-t-elle ».
« Les tensions entre Diomaye et Sonko ne doivent pas plomber le pays »
Moussa Guèye, fonctionnaire, observe que les échanges entre les responsables politiques sont particulièrement suivis. « Les déclarations du gouvernement et celles du président de l’Assemblée nationale montrent qu’il existe des divergences. Maintenant, chacun attend les prochaines étapes prévues par les institutions ». Selon Mariama Diallo, cette affaire ne doit pas se limiter aux responsables politiques. « Au final, toutes les décisions concernent aussi les citoyens. C’est pourquoi beaucoup suivent les informations avec beaucoup d’attention », confie cette vendeuse.
Amadou Kane, étudiant en droit, rappelle que plusieurs institutions pourraient intervenir. « Entre la promulgation, un éventuel référendum ou d’autres procédures prévues par la Constitution, les tensions entre Diomaye et Sonko ne doivent pas plomber le pays ». « Les divergences existent dans toutes les démocraties », estime Pape Demba Diouf, consultant. Il assène sur un ton ferme : « ce qui importe, c’est que les institutions disposent de mécanismes pour les régler conformément à la Constitution ».
« Les Sénégalais attendent les prochaines étapes »
Ndèye Astou Faye, commerçante, souhaite que les échanges restent apaisés. « Les citoyens attendent surtout des solutions. Les débats sont nécessaires, mais ils doivent permettre d’aboutir à une décision claire », conseille-t-elle. Alioune Sow, rappelle que la réforme constitutionnelle constitue toujours une étape importante.
« Modifier la Constitution est un acte majeur. Il est normal que cela suscite des discussions, aussi bien au sein des institutions que parmi les citoyens », lance ce professeur. Aïssatou Mbengue, assistante administrative, estime que les Sénégalais restent très attentifs à l’évolution du dossier. « Depuis le vote à l’Assemblée nationale, tout le monde attend de connaître la suite de la procédure », confie-t-elle.
« Les Sénégalais s’intéressent à cette réforme »
Au fil de la journée, les conversations continuent d’animer les rues de Dakar. Les discussions portent aussi bien sur les réserves exprimées par le gouvernement que sur la position défendue par la majorité parlementaire. Beaucoup disent vouloir connaître l’issue de cette séquence institutionnelle. « Nous suivrons les prochaines décisions », résume Cheikh Lo, artisan. « Les institutions disposent de leurs procédures et chacun attend désormais les actes qui seront posés dans les jours à venir », poursuit-il.
Pour Sokhna Guèye, employée de commerce, l’important est que les citoyens restent informés. « Les Sénégalais s’intéressent à cette réforme parce qu’elle concerne les institutions du pays. Les informations doivent continuer à être partagées de manière claire », peste-t-elle.





