RDC : Les opposants de Kabila victimes d’une violente répression

Human Rights Watch (HWR), l’organisation non gouvernementale des droits de l’homme, a publié ce mardi à Kinshasa, un rapport accusant les forces de sécurité congolaises d’avoir tué environ 500 personnes et d’en avoir détenu 1 000 autres, dont plusieurs auraient été torturées en secret. Cette répression aurait commencé depuis 2006, année de l’élection de Joseph Kabila à la tête de la RDC.

Le rapport de HRWest formel. Joseph Kabila use de violence et d’intimidation pour éliminer ses opposants politique. Selon l’organisation non gouvernementale, les forces de sécurités congolaises ont tué, depuis l’élection de Kabila en 2006, près de 500 personnes, détenu un millier de personnes dont une bonne partie a été torturée. Selon le document intitulé « On va vous écraser: la restriction de l’espace politique en République démocratique du Congo », l’actuel président congolais « donnait lui-même » les consignes pour « écraser » ou « neutraliser » les « ennemis de la démocratie ».

Nord Kivu : un calme précaire depuis vendredi

Aucun combat n’a été signalé dans le Nord-Kivu depuis vendredi, mais la situation reste tendue. Les rebelles du CNDP de Laurent Nkunda se maintiennent positionnés à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma. Selon la Monuc, plus de 200 000 personnes craignant les violences des soldats et des rebelles, vivent dans la brousse depuis une semaine.
Dans un rapport publié ce lundi, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon s’est dit préoccupé par la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC). Selon ce document les Forces armées de la RDC aussi bien que les rebelles de Nkunda se sont livré à des « exécutions arbitraires, meurtres de masse, viols et torture », au Nord-Kivu.
Par ailleurs, le journaliste tué vendredi à Bukavu a été inhumé ce lundi. Didace Namujimbo, 34 ans, travaillait pour Radio Okapi, une station parrainée par les Nations unies. Il a été tué par balles par des inconnus un an et demi après Serge Maheshe, un autre journaliste de la radio Okapi assassiné, lui aussi, à Bukavu.

« Tandis que tout le monde se concentre sur les violences dans l’est du pays, les exactions du gouvernement contre les opposants politiques attirent peu d’attention », a observé Anneke Van Woudenberg, chercheuse à la division Afrique de Human Rights Watch. « Les efforts pour construire un Congo démocratique sont étouffés non seulement par la rébellion mais aussi par la répression menée par le gouvernement de Kabila. »

Les personnes originaires de la province de l’Equateur et toutes celles qui sont soupçonnées d’avoir soutenu Jean-Pierre Bemba, candidat malheureux à cette election, seraient les principales cibles « des agents de l’Etat », indique le rapport.

Une découverte macabre à Bukavu

La publication de ce rapport intervient, au lendemain d’une découverte macabre à Bukavu au Sud-Kivu. Selon Radio Okapi, Plus de 2 000 squelettes d’êtres humains ont été découverts dans une résidence du quartier Pajeco dans la commune d’Ibanda. L’information a été livrée lundi soir par la RTNC, la télévision nationale. La résidence dans laquelle a été découvert de ces squelettes a été occupée par un ancien conseiller politique de Me Azarias Ruberwa. Ce dernier est un ancien responsable du Rassemblement congolais pour la démocratie, le RCD qui a occupé pendant un temps la ville de Bukavu, rapporte Radio Okapi.

Le RCD est un mouvement politico-militaire opposé au régime de Joseph Kabila. Niant toute responsabilité dans cette affaire, le secrétaire général de ce mouvement, Hubert Efole, parle, lui, d’une manipulation. «2 000 squelettes, c’est assez énorme que ça se soit passé dans une ville comme Bukavu », indique-t-il.
Les autorités du pays promettent une enquête pour faire la lumière sur cette affaire.