RDC : la pornographie, nouvelle arme de Kinshasa contre le M23?

La rébellion du M23 a accusé le gouvernement de brouiller sa radio Dignité FM en utilisant des émissions pornographiques pour les discréditer aux yeux de la population.

Kinshasa utiliserait désormais la pornographie pour combattre les rebelles du M23 qui sévissent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). En tous cas, ces derniers ont accusé le gouvernement de brouiller leur radio Dignité Fm avec des émissions à caractère pornographique pour les discréditer aux yeux de la population. « Ces émissions à caractère purement éducatif et formatif sont brouillées par des films pornographiques », a écrit dans un communiqué Amani Kabasha, chef de la communication du groupe armé. Ce dernier est même allé plus loin, affirmant, que des « techniciens à la solde des autorités gouvernementales diffusent ces émissions dans le vain espoir que la population de Goma croira que c’est le M23 qui leur sert ces recettes ordurières ».

Goma en jeu

Déjà mardi dernier le M23, en conflit avec le pouvoir, avait annoncé qu’il testait une radio pour combattre la « désinformation. Certains sont en train d’appeler notre peuple à soutenir la guerre, à prendre les armes les uns contre les autres, mais nous voulons soutenir les négociations » de Kampala toujours au point mort. La riposte du gouvernement contre ces allégations ne s’est pas faite attendre. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a démenti ces accusations, affirmant à l’AFP que « le gouvernement ne peut pas émettre de programmes pornographiques ».

Même si une trêve est constatée depuis deux semaines, la tension est toujours vive entre les forces de l’armée congolaise et la rébellion du M23 qui ont repris les combats le 14 juillet dernier. De violents affrontements qui ont fait plus de 200 morts. La rébellion a menacé de reprendre Goma, capitale stratégique de la province du nord-Kivu, arguant que le gouvernement n’avait pas respecté ses engagements, faisant référence au contrat établi par les Etats de la région.

A l’origine des exactions commises régulièrement par la rébellion, le Rwanda. Selon l’Onu et des ONG il lui fournirait des armes et munitions. Allégations bien sûr que Kigali a toujours réfutées, alors que des ONG et des experts des Nations-Unies qui ont travaillé sur la question affirment détenir des preuves.