Quand l’Afrique se mobilise pour George Floyd

George Floyd

La mort de George Floyd a créé une vague de protestations et d’indignations à travers le monde. Après les réactions d’anciens Présidents africains et l’hommage rendu au disparu par le Ghana, c’est aux personnalités les plus connues du Continent de lancer une pétition. 

Il ne s’agit pas d’une simple pétition pour protester contre un crime commis à l’encontre d’une communauté noire. La pétition qui a été lancée a des visées bien plus profondes. En effet, si de leur côté les Afro-Américains, encore appelés Afro-descendants se reconnaissent comme originaires de ce continent auquel ils ont été arrachés contre leur volonté, jusqu’ici, il n’y a pas vraiment eu de mains tendues vers eux pour les accueillir. Du moins, pas une main tendue au niveau continental.

C’est ce que plusieurs personnalités essaient de corriger en faisant signer cette pétition. Il s’agit certainement de condamner le crime, mais aussi d’appeler les uns et les autres à beaucoup plus d’unicité, à un partenariat entre les Afro-Américains et l’Afrique, leur continent d’origine. 

On rappellera à ce propos qu’en 2003, les chefs d’Etat présents au Sommet de l’Union Africaine avaient décidé de faire de la diaspora africaine ce qu’ils considèrent comme la sixième région de l’Afrique. Cela est resté au stade de décision puisque cette diaspora n’a jamais eu de siège à occuper au sein de l’Union. Il faut peut-être espérer que cela change avec cette situation de crise.

Pour rappel, George Floyd fut assassiné en pleine ville de Minneapolis, aux Etats-Unis, par quatre policiers blancs, devant témoins. Sur une vidéo devenue virale, on y voit Derek Chauvin, son bourreau, lui enfoncer son genou sur le cou. L’une des phrases dite par George est devenue le symbole de ce mouvement de contestation mondiale : I can’t breathe (Je ne peux plus respirer). 

Les quatre policiers avaient été arrêtés suite aux manifestations qui devenaient incontrôlables. Par contre, il faut noter que deux évènements majeurs ont mis le feu aux poudres. D’abord, il y a eu Donald Trump, le Président des Etats-Unis qui, au lieu de calmer les ardeurs, a demandé à la police de tirer sur les manifestants en ces propos : « When looting starts, shooting starts » (Quand le pillage commence, les tirs suivent).

Ensuite, il y a eu la première condamnation qui a qualifié le fait d’homicide involontaire, ce qui aurait pu éviter une peine lourde aux coupables. Le drame requalifié en meurtre, les quatre policiers risquent jusqu’à 40 ans de prison.