Prudential : Tidjane Thiam sur la sellette

Le Franco-ivoirien Tidjane Thiam, premier africain à diriger l’un des cent premiers groupes de la City, est en sursis. L’échec de sa tentative d’achat de la filiale asiatique de l’assureur américain AIG pourrait lui coûter son poste de directeur général de Prudential.

Un petit tour et puis s’en va? Le franco-ivoirien Tidjane Thiam a pris la tête de l’assureur britannique Prudential il y a six mois, mais l’échec de sa stratégie de rachat lancée en mars pourrait le forcer à démissionner. Tidjane Thiam avait créé la surprise à la City en se portant candidat au rachat de la filiale asiatique de l’assureur américain AIG. Si l’affaire avait été conclue, Prudential serait devenu le numéro un mondial de l’assurance-vie en Asie, un marché en forte croissance, et l’assureur britannique aurait plus que doublé sa taille.

Le franco-ivoirien de 47 ans a dû renoncer à ce qui aurait pu être la plus importante transaction de l’histoire de l’assurance : AIG a refusé mercredi d’abaisser le prix de vente de 35,5 milliards de dollars à 30,4 milliards. Dès lors, la position de Tidjane Thiam est « intenable » selon trois gros actionnaires de Prudential, cités par le Times.

Les actionnaires de Prudential se sont toujours montrés réticents face à cette opération. Beaucoup la trouvaient risquée et très onéreuse. Or pour que le rachat soit effectif, l’assureur devait réunir l’approbation de 75 % de ses actionnaires. C’est pour avoir plus de chances d’atteindre ce seuil que Tidjane Thiam avait souhaité réduire le prix de vente de la filière asiatique d’AIG.

Cette opération avortée va toutefois coûter à l’assureur britannique 660 millions de dollars environ : 224 millions à AIG en pénalités, et le reste en conseils de banquiers et avocats. A la City, on parle déjà du possible remplacement du franco-ivoirien par Michael McLintock, le patron de M & G, une filiale de gestion de Prudential.

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