« Petit Manhattan » deviendra grand

Le marché du Plateau a été rasé au grand dam de certains commerçants. C’est une étape importante qui vient d’être franchie dans le programme de réhabilitation de l’aire communale du centre d’affaires de la capitale ivoirienne, Abidjan. Objectif avoué de cette politique : donner au Plateau tout le cachet qui devrait être le sien.

Le marché du Plateau, la commune-centre d’affaires d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, n’existe plus officiellement depuis le lundi dernier. Il a été rasé. Après la chasse aux vendeurs ambulants et aux taxis collectifs dit « woros-woros », cette opération est l’une des grandes étapes de la « vaste opération de déguerpissement des activités informelles sur tout l’espace communal du Plateau entamée depuis le 6 janvier 2003», explique Seripka Gnadja, chef de service Communication de la mairie du Plateau. « Nous avons été élus sur la base d’un programme, poursuit-il. Il fallait ramener, l’ordre, la salubrité et la sécurité, des préalables pour un centre d’affaires. Et le marché est un nid d’insécurité. Dans quelques mois nous aurons à la place, un centre commercial digne du Plateau ». Une réalisation dont le coût exact ne nous a pas été révélé.

Pas toujours satisfaits

A noter que la destruction du marché, de plus en plus vétuste, avait été envisagée par les différentes équipes municipales qui se sont succédées ces dernières années à l’Hôtel de Ville. Mais jusqu’ici aucune d’elles n’avait franchi le pas. Raison pour laquelle, la plupart des commerçants approuvent la mesure. La majorité du millier de commerçants a donc, dés samedi dernier, pris des dispositions pour quitter le marché et retrouver les nouveaux espaces devant les accueillir. « Nous avons pris des mesures palliatives. Les vendeuses de vivriers ont été déplacées) du côté de la Carena. Les restaurateurs sont désormais en face du 37°2 (restaurant huppé de la place abidjanaise, ndlr) et les vendeurs de textile, quant à eux, ont été relogés en face de l’immeuble Longchamp (tous ces espaces sont situés à proximité ou aux alentours du Plateau, ndlr). Le reste des commerçants, spécialisé dans la bureautique, sera accueilli par le marché d’Adjamé (quartier populaire de la capitale, ndlr)», affirme M. Seripka.

Des inquiétudes demeurent néanmoins. Les vendeuses installées à la Carena estiment que le site n’est pas sûr. Par ailleurs, les commerçants craignent que le ticket d’entrée dans le futur espace commercial du Plateau soit financièrement hors de portée (plus de 2 000 euros). « Je ne peux pas présager que ces commerçants auront les capacités financières requises pour intégrer le nouveau centre commercial », confirme le cadre municipal. Ce dernier qui note que l’expérience s’est malgré tout déroulée dans une « certaine élégance », grâce à la coopération des commerçants qui ont été associés à l’opération. Un encouragement supplémentaire, semble-t-il, pour l’équipe municipale de Noël Akossi Bendjo en charge de la mairie depuis mars 2000. Une équipe dont l’ambition est, selon Seripka Gnadja, de « faire rentrer le Plateau dans une ère de modernité. De sorte que la commune soit à l’image de tous les centres d’affaires du Monde. Les gens disent que nous sommes un « petit Manhattan », nous voulons devenir un Manhattan tout court »