
Le Maroc engage une transformation d’envergure de son système de permis de conduire. En misant sur l’intelligence artificielle et la digitalisation, les autorités du royaume chérifien ambitionnent de moderniser un dispositif longtemps critiqué pour son manque d’équité et d’efficacité.
Le Maroc accélère la modernisation de son permis de conduire avec l’introduction de l’intelligence artificielle pour évaluer les candidats. Portée par Agence nationale de la sécurité routière, cette réforme vise à renforcer la transparence et à lutter contre les inégalités de notation. Mais derrière cette innovation technologique se cachent de nombreuses réserves. Surtout que les infrastructures restent insuffisantes, avec un taux d’échec élevés. Sans compter une refonte complète du parcours d’apprentissage.
Le projet repose sur un dispositif baptisé « Smart Drive Test », intégrant capteurs, tablettes et logiciels embarqués dans des véhicules d’examen. Ces « voitures intelligentes » analysent en temps réel la conduite du candidat, détectent les fautes et attribuent une note automatiquement, sans intervention humaine. L’objectif est de supprimer toute subjectivité et uniformiser les critères d’évaluation sur l’ensemble du territoire.
Refonte complète du parcours d’obtention du permise
Avec cette digitalisation, les autorités marocaines souhaitent mettre fin aux soupçons de favoritisme et aux disparités entre centres d’examen. Pour les responsables du secteur, l’automatisation représente une grande avancée vers un système plus équitable. Elle permettrait également de standardiser les pratiques et de mieux encadrer les conditions d’obtention du permis. Cependant, les professionnels des auto-écoles restent prudents. Ils estiment que le déploiement de cette mesure est encore prématuré, faute d’infrastructures adaptées.
Sur les 74 centres d’examen existants, seule une minorité dispose de pistes fermées permettant une évaluation contrôlée. Dans la plupart des cas, les candidats passent encore leur épreuve en circulation réelle, un environnement difficilement compatible avec une analyse automatisée fiable. Au-delà de l’introduction de l’IA, la réforme prévoit une refonte complète du parcours d’obtention du permis.
Une réforme globale du parcours du candidat
Désormais, les candidats devront valider l’examen théorique avant même de commencer la conduite. Cette séparation vise à structurer l’apprentissage et à éviter les redondances pédagogiques. Tout en réduisant les coûts pour les candidats en cas d’échec à l’épreuve pratique. Le nouveau système introduit également une plus grande flexibilité. Une fois le code obtenu, sa validité serait maintenue pendant six mois. Ce qui offre jusqu’à six tentatives pour réussir la conduite sans avoir à repasser l’examen théorique.
Cette mesure est perçue comme un soulagement pour de nombreux candidats, souvent pénalisés financièrement par les échecs répétés dans le système actuel. Cette réforme intervient alors qu’une forte polémique entoure les résultats du permis de conduire. Dans certaines régions, les taux d’échec à l’examen théorique ont atteint des niveaux alarmants, frôlant parfois les 100%. Une situation qui a suscité l’incompréhension des candidats et la colère des professionnels du secteur.
Taux d’échec record et critiques du système actuel
Selon plusieurs observateurs, ces résultats s’expliquent par l’introduction de nouvelles questions jugées plus compliquées, sans communication suffisante auprès des candidats. Le manque d’adaptation des contenus pédagogiques et des plateformes d’apprentissage a également été pointé du doigt. Des dysfonctionnements accusés d’avoir fragilisé la confiance dans le système.
En parallèle, le Maroc mise sur la digitalisation pour simplifier les démarches administratives liées au permis de conduire. Une plateforme baptisée « Téléservices » devrait permettre aux auto-écoles de gérer en ligne l’ensemble des procédures : inscriptions, suivi des dossiers, réservation des examens. Cette innovation vise à réduire les délais, limiter les déplacements et améliorer la transparence dans la gestion du système. Pour les professionnels, cet outil représente une avancée attendue depuis longtemps.




