Ouganda : l’homosexualité bannie même au théâtre

La justice ougandaise a libéré sous caution David Cecil, le producteur de théâtre britannique, inculpé la semaine dernière pour avoir monté une pièce sur la condition des homosexuels.

En Ouganda, parler d’homosexualité est très sévèrement puni par la loi. Le producteur de théâtre britannique David Cecil en a fait les frais. Il a finalement été libéré sous caution par la justice ougandaise après avoir été incarcéré la semaine dernière. Son délit ? Avoir monté une pièce de théâtre critique sur la condition des homosexuels en Ouganda. La pièce intitulée La Rivière et la Montagne raconte l’histoire tragique d’un homme qui a avoué son homosexualité. Bien qu’il soit libre pour le moment, la justice n’a pas dit son dernier mot avec David Cecil, qui s’est vu retirer son passeport. Il devra à nouveau se présenter devant le tribunal dans un mois. Il est aussi inculpé de « désobéissance à des ordres légaux » et risque jusqu’à deux ans de prison.

L’homosexualité passible de peine de mort

La loi ougandaise ne badine pas avec l’homosexualité. Le gouvernement ne manque jamais une occasion pour le rappeler. Parler d’homosexualité en public est passible de sept ans de prison ferme. D’ailleurs, le Parlement examine actuellement un projet de loi pour renforcer l’arsenal répressif concernant les relations sexuelles, les rendant passibles de la prison à perpétuité ou de la peine capitale dans certains cas.

En 2009, un projet de loi, nommé « anti-homosexuality Bill 2009 » prévoyait même la peine de mort ou la prison à perpétuité pour les homosexuels récidivistes. Le texte avait suscité une vive opposition de la part des pays étrangers, qui ont menacé l’Ouganda de suspendre ses aides. Les défenseurs des droits homosexuels du monde entier l’avaient également vivement contesté.

Les homosexuels sont régulièrement persécutés dans le pays. A l’instar du militant homosexuel David Kato, 43 ans, assassiné en janvier 2011 à son domicile à Kampala. Un magazine avait révélé son homosexualité et appelé à son meurtre.

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