Ouganda et Burundi : les nouveaux ennemis des shebab

Les shebab, groupe rebelle et islamiste somalien, frappera des cibles ougandaises et burundaises à travers le monde. L’annonce faite ce vendredi vient préciser les menaces proférées par les insurgés somaliens depuis la décision, le 27 juillet, de l’Union africaine de renforcer sa mission dans un pays sans Etat depuis 1991.

Les rebelles islamistes somaliens ont décidé de s’en prendre aux ambassades ougandaises et burundaises, a annoncé ce vendredi Intel Center, un centre de surveillance des sites islamistes, rapporte l’AFP. Cheikh Moukhtar Robow, l’un des porte-paroles des shebab, appelle dans une vidéo « à des attaques contre les ambassades de l’Ouganda et du Burundi dans le monde entier ». Le Burundi et l’Ouganda, avec respectivement 3 500 et 2 500 hommes, pour l’heure, sont les principaux contributeurs de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Ce n’est pas le première fois que les insurgés somaliens menacent les intérêts de ces deux pays. Ahmed Abdi Godane, le chef des miliciens Shebab, avait invité les Somaliens à s’unir pour chasser l’Amisoml e 5 juillet dernier.

Les rebelles shebab, qui ont fait allégeance à Al-Qaida, souhaite déstabiliser le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed, palliatif à l’absence d’Etat en Somalie depuis 1991. L’Amisom est un soutien vital pour son maintien. Lors du dernier sommet de l’Union africaine qui s’est achevé le 27 juillet dernier à Kampala, la capitale de l’Ouganda, les chefs d’Etat ont décidé de renforcer de 4 000 soldats les effectifs de la mission. L’Autorité inter-gouvernementale pour le développement (Igad), composée de six pays de l’Afrique de l’Est, devrait déployer 2 000 hommes et la Guinée quelque 800 soldats.

De terreurs locales à terroristes internationaux

Le renforcement de l’Amisom fait suite au double attentat perpétré le 11 juillet dernier dans la capitale ougandaise. Ces attaques ont fait 76 morts parmi une foule réunie pour suivre la finale du Mondial qui s’est déroulée en Afrique du Sud. Dans le cadre de cette affaire, la justice ougandaise a inculpé ce vendredi trois Kenyans. Hussein Hassan Agad, 27 ans, Mohamed Adan Abdow, 25 ans et Idris Magondu, 42 ans, ont été écroués pour assassinat, tentative d’assassinat et terrorisme. Pour ce dernier chef d’accusation, ils seront présentés le 27 août devant un tribunal compétent.

L’Ouganda, qui fournira la plupart des renforts, fait les frais de son engagement en Somalie en étant la première cible des shebab en dehors de leur pays. En outre, les islamistes avaient promis jeudi de faire de la capitale somalienne, la tombe des nouveaux effectifs de l’Amisom. « Les soldats qu’ils projettent d’envoyer en renfort ne feront pas de différence avec ceux déjà déployés. Par la volonté de Dieu, Mogadiscio sera leur cimetière », a menacé un autre porte-parole des rebelles, Cheikh Ali Mohamoud Rage.

Si le mandat de l’Amisom a été élargi pour lui permettre d’aller au devant des attaques des insurgés, la capacité de nuisance des shebab semble, elle aussi, s’accroître.

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