Otages français au Nigeria : leur famille sort du silence

La famille Moulin-Fournier, quatre enfants âgés de 5 à 12 ans et trois adultes, a été prise en otage le 19 février à l’extrême nord du Cameroun. Depuis, elle est détenue à un endroit tenu secret au Nigeria. Le frère du père de famille, Tanguy Moulin-Fournier, et celui de la mère, Albane, sont sortis ce jeudi du silence pour leur apporter leur soutien.

« On les connaît bien. On les croit forts. On leur demande de tenir, d’être forts », ont déclaré à l’AFP, Nicolas Moulin-Fournier et Romain Striffling, respectivement le frère du père de famille, Tanguy Moulin-Fournier, et celui de la mère, Albane.

La famille Moulin-Fournier, quatre enfants âgés de 5 à 12 ans et trois adultes, a été prise en otage le 19 février à l’extrême nord du Cameroun. Depuis, elle est détenue à un endroit tenu secret au Nigeria. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, il sont toujours vivants. « Oui, ils sont vivants. On fait le maximum pour les libérer », a déclaré le chef de la diplomatie française, mercredi 3 avril.

L’espoir reste donc intact. D’où la sortie des deux oncles qui ne savent, cependant, « si la médiatisation peut aider ». « Nous souhaiterions que le sujet reste un vrai sujet, au quotidien, d’actualité pour nos autorités, qu’elles s’occupent avec la même intensité, comme elles l’ont fait jusqu’à présent, de cette affaire », ont-ils confié à la radio RTL. Et de poursuivre : « Ça fait deux mois, même si on nous dit qu’en Afrique le temps est différent, ça reste très long », en précisant qu’il s’agit d’une épreuve « difficile à porter au quotidien, avec des moments de pleine confiance et des moments d’angoisse ».

La famille Moulin-Fournier est détenue au Nigeria par la secte islamiste Boko Haram. Une vidéo de la famille a été diffusée le 25 février et le 21 mars dans laquelle le père Tanguy Moulin-Fournier appelait l’ambassadeur de France au Cameroun de « tout mettre en œuvre » pour faire libérer sa famille car, selon ses dires dictés dans un communiqué par les ravisseurs, « Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps ».

Laurent Fabius se mobilise pour la libération des sept otages français enlevés le 19 février à l’extrême nord du Cameroun. Le ministre français des Affaires étrangères s’est rendu le vendredi 15 mars à Yaoundé, la capitale camerounaise où il a rencontré son homologue Paul Biya. Avant de s’entretenir, le lendemain, avec le président nigérian Goodluck Jonathan. Mais Paris refuse, toujours, de céder au chantage des islamistes de Boko Haram portant sur la libération des membres de la secte islamiste.

De son côté, le Nigeria a plaidé mercredi 17 avril pour une solution politique. Le président nigérian Goodluck Jonathan « pourrait offrir une amnistie aux islamistes de la secte Boko Haram afin de mettre un terme à une insurrection qui a fait des milliers de morts. Une commission présidentielle de 26 membres présidée par le ministre des Affaires spéciales, Kabiru Turaki, va être chargée de définir les contours d’une amnistie qui permettrait un désarmement en 60 jours », rapporte 20minutes.fr.