Omar Bongo joue l’ouverture

L’ancien nouveau Premier ministre gabonais, Ntoutoume Emane, a annoncé dimanche la constitution de sa nouvelle équipe. Un gouvernement  » d’ouverture  » auquel trois membres des partis d’opposition ont été invités à participer.

L’opposition gabonaise fait son entrée au gouvernement. Après sa démission, vendredi, puis son retour, samedi, au poste de Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane a annoncé dimanche la composition de la nouvelle équipe de direction du pays. La main tendue par le chef de l’Etat Omar Bongo, pour mettre en place un gouvernement  » d’ouverture  » a cette fois ci été acceptée par une partie de ses opposants politiques.

Les élections partielles de l’assemblée nationale de décembre dernier et l’article 34 de la constitution – qui oblige le Premier ministre à démissionner de ses fonctions suite à la proclamation des résultats des élections législatives – offrait au Président de la République l’opportunité de réitérer à l’opposition son offre de participer au nouveau gouvernement. Un appel ignoré en 1999 mais notamment entendu cette année par le leader du premier parti d’opposition (Rassemblement national des bûcherons), le Père Paul Mba Abassole.

Trois ministères offerts

Avec 39 membres – dont deux vice-Premiers ministres – , la nouvelle équipe gouvernementale compte six ministres de plus que la précédente. Si la majeure partie des postes échoit au parti de la majorité (le Parti démocratique gabonais), trois sièges ont été accordés à l’opposition. A Paul Mba Abassole échoit le ministère des Droits de l’Homme, à Pierre Claver Maganga Moussavou (Parti social démocrate) celui de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural et à Vincent Moulengui Boukoss (Rassemblement national des bûcherons) celui de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation technologique.

Toutefois, la décision d’Omar Bongo de jouer la carte de l’ouverture ne fait pas l’unanimité dans les rangs adverses. Une volonté déjà affichée il y a quatre ans à l’issue de sa réélection très controversée à la tête du pays. Le 6 janvier 1998, Omar Bongo, au pouvoir depuis 31 ans, était réélu au premier tour avec 66,88% des voix pour un nouveau septennat.  » La majorité gouverne et la majorité s’oppose « . Pour Pierre-Louis Agondjo Okawe (Parti gabonais du progrès) pas question de se compromettre avec l’Etat qui a enregistré un taux d’abstention record de près de 80% dans les grandes villes pour le dernier scrutin législatif. Pas question non plus pour Pierre Mamboundou, président de l’Union des peuples gabonais de se laisser duper par les sirènes du pouvoir en place.  » (…) ils tendent la main à quelques lapins en quête de carottes « , offrira-t-il pour tout commentaire.

Il reste de nombreux radicaux qui souhaitent rester indépendants pour faire entendre la voix de la contestation et assurer un contre-pouvoir libre à la politique nationale. La question est de savoir dans quelle mesure la ferveur revendicatrice des membres de l’opposition sera affectée par leurs nouvelles fonctions.