Nigeria : l’armée n’a pas la capacité de libérer les lycéennes, selon Washington

Les Etats-Unis ont exprimé, ce mardi, leur grand scepticisme après que le Nigeria eut affirmé avoir localisé les 223 lycéennes enlevées par Boko Haram, affirmant douter de la capacité des autorités nigérianes à secourir les jeunes filles.

Washington de plus en plus perplexe dans l’affaire des jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria. Les Etats-Unis ont en effet fait part, ce mardi, de leur plus grand scepticisme après que le Nigeria eut affirmé avoir localisé les 223 lycéennes enlevées, affirmant douter de la capacité des autorités nigérianes à les secourir. « Nous n’avons pas d’information indépendante venue des Etats-Unis pour corroborer les articles de presse », a indiqué la porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki, à des journalistes qui l’interrogeaient sur les déclarations du chef d’état-major des forces armées nigérianes, le maréchal Alex Badeh, affiramant « savoir où se trouvent » les 223 adolescentes.

Questionnée également pour savoir si elle trouvait ces affirmations « judicieuses », elle a souligné que « pour la sécurité des filles, nous ne discuterions certainement pas publiquement de ce genre d’information ». Elle a aussi indiqué « ne pas croire » que les forces armées nigérianes aient la capacité et le professionnalisme nécessaires pour mener une mission de sauvetage réussie des lycéennes. « Je ne pense pas que c’est comme cela que nous le gérerions et certainement pas comme cela que nous conseillerions à d’autres de le gérer », a critiqué la porte-parole de la diplomatie américaine.

Goodluck Jonathan critiqué

Pour l’heure, Washington est l’Etat le plus impliqué dans la mobilisation internationale pour retrouver les adolescentes enlevées mi-avril par le groupe armé. Toutefois, les Etats-Unis ne ménagent pas leurs critiques contre le régime du Président Goodluck Jonathan pour la gestion de cette crise. Washington a également dépêché au Tchad voisin quelque 80 militaires pour mener « des opérations de renseignement, de surveillance et des vols de reconnaissance au-dessus du nord du Nigeria et des régions voisines ».

Ces moyens humains s’ajoutent aux drones, avions-espions et une trentaine de conseillers civils et militaires chargés d’appuyer les forces de sécurité nigérianes. Mais des responsables du département d’Etat, du Pentagone et du Congrès ont aussi pointé du doigt Abuja pour sa « lenteur inacceptable » à répondre à la crise et pour les violations des droits de l’Homme dont son armée est accusée. De son côté, l’ex-Président nigérian Olusegun Obasanjo a tenté une médiation avec des intermédiaires de Boko Haram pour libérer les 223 lycéennes, que l’armée nigériane a assuré avoir localisées.

Seulement, pour le moment cette initiative ne semble pas porter ses fruits. Juste après l’annonce par l’armée de la localisation des jeunes filles, Boko Haram a mené une nouvelle attaque meurtrière dans le nord, incendiant des bâtiments officiels et une école.