Nigeria : Boko Haram fait main basse sur Chibok

Après s’être emparé de deux localités de l’Etat d’Adamawa, Boko Haram a pris, ce vendredi, la ville de Chibok, d’où sont originaires les lycéennes enlevées par le groupe terroriste.

Boko Haram continue à prendre les villes du nord une à une, sous le regard impuissant des autorités nigérianes. Après s’être emparé de deux localités de l’Etat d’Adamawa, le groupe terroriste s’est emparé, ce vendredi, la ville de Chibok, d’où sont originaires les lycéennes qu’il a enlevées mi-avril. Un coup d’éclat symbolique qui intervient alors que le groupe armé est en pleine expansion dans la région. Déjà jeudi, des centaines de combattants de Boko Haram se sont ainsi également emparés des villes de Hong et de Gombi, se rapprochant ainsi de Yola, capitale de l’Etat située à une centaine de kilomètres de là. Une nouvelle progression alors que l’armée nigériane enregistrait un nouveau revers en perdant un autre hélicoptère dans un crash non élucidé à Yola, qui a fait trois morts, jeudi, vers 22h locales.

Boko Haram s’était déjà emparé, ces derniers mois, de plus d’une vingtaine de villes et villages de l’Adamawa et des Etats voisins de Yobe et Borno, où il dit avoir créé un « califat islamique ». La prise de Hong, sur la route de Yola, où les insurgés ont hissé leur drapeau noir sur la résidence d’un général à la retraite, selon des habitants, laisse à craindre pour la sécurité de la capitale de l’Adamawa, où des milliers de personnes se sont réfugiées ces dernières semaines, fuyant les combats.

En attendant, l’armée nigériane complètement dépassée par le groupe armé, n’a pas les moyens de lutter contre cette progression rapide des combattants de la nébuleuse, qui veut établir un Etat islamique dans le nord du pays. Sans compter que le crash de l’hélicoptère de l’armée, à proximité du foyer des étudiants de l’université Modibbo Adama de Yola, a semé la panique sur le campus, quand les armes que transportait l’appareil ont explosé. « Nous avons entendu une énorme détonation, du coup on s’est précipités à l’extérieur des dortoirs, pensant que notre établissement été attaqué par Boko Haram », a déclaré un étudiant, Harisu Abdulaziz.

Ces cinq dernières années, Boko Haram a tué plus de 10 000 personnes, provoquant le déplacement de milliers d’autres.