Nigeria : 44 morts dans des explosions menées par Boko Haram

Au moins 44 personnes ont péri dimanche soir par deux explosions près d’un centre commercial et d’une mosquée à Jos, dans le centre du Nigeria. Boko Haram serait à l’origine de ces explosions meurtrières.

Boko Haram continue de faire couler le sang au Nigeria. Au moins 44 personnes ont été tuées dimanhe soir par deux explosions près d’un centre commercial et d’une mosquée à Jos, dans le centre du Nigeria, a affirmé ce lundi matin la principale organisation nigériane de secours. Selon l’Agence nationale de gestion d’urgence (NEMA), pour le moment il y a 44 morts et 47 blessés en provenance des deux sites des explosions. Un bilan provisoire qui pourrait donc s’alourdir.

Le bilan initial était de 18 morts. Il avait été donné par Emmanuel Abuh, sans préciser les circonstances des explosions. Ces explosions surviennent après une demi-douzaine d’attaques sanglantes depuis mercredi dans le nord-est du pays, attribuées à Boko Haram. Pour le moment le groupe armé n’a pas encore revendiqué ces attaques. Ce n’est pas la première fois que Jos est touchée par des atatques sanglantes. Pas plus tard qu’en février, une double explosion dans une gare routière de la ville avait fait au moins 17 morts.

Durant ce mois sacré du Ramadan pour tous les musulmans du monde, Boko haram a multiplié les attaques, dans le nord, faisant plus de 200 morts. Le groupe armé abat des fidèles priant à la mosquée, fusille tous ceux qu’il trouve sur son passage, contraignant des enfants kamikazes à se faire exploser sur des places publiques. Alors que plusieurs troupes africaines, dont tchadiennes, nigériennes, camerounaises, sont aux trousses de Boko haram, le groupe ne semble pas avoir dit son dernier mot. Les dernières attaques d’Abubakr Shekau et ses disciples ont particulièrement été violentes.

Depuis qu’Abubakr Shekau a pris la direction du groupe armé, les troubles se sont multipliés dans le nord du Nigeria, poussant plusieurs milliers de personnes à se déplacer. Boko Haram est né en 2002. Au début, le groupe armé ne s’attaquait qu’aux symboles de l’Etat, batîments publics, commissariats, gendarmeries. C’est en 2009, avec l’arrivée d’Abubakr Shekau à sa tête, qu’il a commencé à massacrer des popualtions en masse et tuer sans vergogne.

Mais les experts sont unanimes sur l’équation Boko Haram. Elle ne se résoudra pas par les armes seulement. La situation du nord du Nigeria, engluée dans la misère et le chômage, est aussi à l’origine du fléau. De nombreux jeunes désoeuvrés grossissent les rangs du groupe armé, qui leur promet mont et merveilles. La question sociale est le problème majeur de cet épineux dossier.