Niger : le parti d’Hama Amadou au bord de l’éclatement ?

Hama Amadou

Alors qu’une guerre de leadership s’est déclenchée au sein du parti MODEN Fa Lumana depuis la condamnation de son leader, Hama Amadou, dans l’affaire de trafic de bébés nigérians, la situation ne semble toujours pas s’améliorer, à quelques semaines de l’élection présidentielle. Le parti a tenu hier deux congrès dans la même ville.

Alors qu’il avait des ennuis avec la justice de son pays qui l’a condamné, le 13 mars 2017, à un an d’emprisonnement ferme dans l’affaire du trafic de bébés nigérians, Hama Amadou, depuis son exil, s’est vu déchoir de la présidence de son parti, MODEN FA Lumana. Tout part d’une mésentente avec son vice-président, Oumarou Noma, que lui-même avait désigné pour assurer son intérim, en son absence.

En effet, craignant de perdre le leadership dans son parti, Hama Amadou décida, depuis son lieu d’exil (Cotonou à l’époque), le 19 juillet 2019, de limoger le président par intérim du MODEN FA Lumana. Ce dernier saisit la justice qui n’a pas tardé à rendre son verdict, le 26 juillet 2019 : Hama Amadou perd la présidence du parti au profit de son rival. Il n’est plus qualifié à agir au nom du partir, et par conséquence, sa tentative de limoger Oumarou Noma est vaine. Ce dernier ressort donc renforcé de cet affrontement juridique. 

Finalement rentré le 14 novembre 2019, Hama Amadou a accepté de purger les huit mois de prison qui lui restaient. Mais il bénéficia d’une remise de peine, le 30 mars 2020 à la faveur d’une grâce présidentielle en raison de la pandémie du Covid-19.
Depuis sa mise en liberté, la tension n’a pas baissé entre les responsables du MODEN Fa Lumana où les deux ailes rivales se regardent en chiens de faïence.

Hier samedi, les deux ailes ont tenu dans la même ville de Dosso leurs congrès respectifs : Hama Amadou a été investi candidat pour la prochaine Présidentielle par les siens, et les fidèles à Oumarou Noma l’ont confirmé à la tête du parti.
De quoi craindre le pire pour ce parti, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel où la validité de la candidature d’Hama Amadou, ancien condamné, n’est pas encore gagnée d’avance.