Naissance de la fondation franco africaine pour la croissance

C’est le 15 juillet dernier qu’a été lancée, dans une relative discrétion, à Paris, la Fondation qui marque un tournant dans les relations économiques entre l’Afrique et la France. Conçue lors du Sommet de l’Elysée de décembre 2013, cette Fondation a pour architecte principal l’économiste et banquier Lionel Zinsou, président de PAI Partners.

« La France ne dispose pas de fondations aussi puissantes que les fondations anglo-saxonnes (Gates, Clinton), qui jouent un rôle essentiel dans le rayonnement et la dynamique de liens d’affaires », avaient fait remarquer, en décembre 2013, les auteurs de 15 propositions concrètes pour relancer les relations économiques franco-africaines. Parmi eux, l’ex-ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, le banquier d’affaires franco-béninois Lionel Zinsou et le dirigeant d’entreprise franco-ivoirien Tidjane Thiam.

Leur proposition ne sera pas restée lettre morte. Le lancement de la Fondation franco-africaine pour la Croissance a été immédiatement salué par de nombreuses personnalités du monde économique africain, et en particulier par Donald Kaberuka, président de la Banque Africaine de Développement, et Tiéman Hubert Coulibaly, ministre malien des Domaines de l’Etat, des Affaires foncières et du Patrimoine, ainsi qu’Amadou Kane, ancien ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal. Tous trois avaient fait le déplacement à Paris pour assister au baptême de la Fondation.

La Fondation a également reçu le soutien appuyé de Mme Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria, la première économie africaine qui connaît, depuis plusieurs années, une très forte croissance dans les secteurs les plus porteurs : nouvelles technologies et communication en particulier.

Trois ministres français rivalisaient d’enthousiasme pour témoigner de leur soutien à cette initiative importante : Michel Sapin, ministre des Finances, Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie, et surtout Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, artisan du rapprochement stratégique entre relations internationales et commerce extérieur, au sein des institutions françaises.

La Fondation s’assigne 4 grandes actions : la formation du capital humain, avec 3 millions d’Euros consacrés dès 2014 à des actions de formation professionnelle, la coopération dans le domaine financier, la coopération culturelle, enfin les partenariats dans le numérique où plusieurs pistes d’actions concrètes ont déjà été identifiées.

La Fondation franco-africaine pour la Croissance inaugure une nouvelle manière de réunir les financements publics et privés dans une optique de co-développement et d’accroissement des échanges entre la France et l’Afrique. Objectif affiché : le doublement des échanges économiques entre l’Afrique et la France, par une meilleure prise en compte des enjeux du développement africain. La croissance africaine apparaît de plus en plus comme la prochaine locomotive du développement mondial, et la Fondation veut tout mettre en oeuvre pour accélérer cette croissance.