Mozambique : les résultats des Municipales attendus sur fond de polémique

Les Mozambicains ont voté mercredi pour élire de nouveaux conseillers municipaux. Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions, malgré les craintes d’affrontements suite à la reprise des violences ces derniers mois entre forces du gouvernement et anciens guérilleros de la RENAMO.

Les Mozambicains ont pu voter dans le calme mercredi pour renouveler leurs conseillers municipaux. La crainte de voir ressurgir les anciens guérilleros de la RENAMO, qui boycottent le scrutin, avait hanté les autorités. Ces derniers mois, des affrontements ont eu lieu entre forces gouvernementales et ex-guérilleros. Seul incident majeur à déclarer, le nom d’un candidat issu du petit parti le « Pahuma » avait été oublié dans la ville de Nampula. Le dépouillement, qui a commencé dès la fermeture des bureaux, a été suspendu dans cette ville du nord.

« Nous continuons à avoir la confiance de la population, la participation des gens le montre », a assuré, après avoir voté à Maputo, le Président mozambicain Armando Guebuza, chef de file du FRELIMO, le parti au pouvoir. Pourtant, le taux de participation était faible dans les régions centrales, notamment dans le village de Gorogonsa où a eu lieu la reprise des hostilités avec la RENAMO. Cette ancienne guérilla anti-marxiste a fondé un mouvement d’opposition après la fin de la guerre civile en 1992. Mais la RENAMO n’avait pas pour ambition de perturber le scrutin, malgré le fait qu’elle le boycotte en raison de la parité qu’elle n’a pas obtenue dans la commission électorale. « A la RENAMO, nous n’avons jamais planifié quelque violence que ce soit », a assuré à l’AFP, mardi, Fernando Mazanga, porte-parole du mouvement. De plus, le mouvement dément être à l’origine des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces derniers mois. Le leader historique de la RENAMO, Afonso Dhlakama, est aujourd’hui en fuite, après une offensive gouvernementale, fin octobre, contre deux bases de la RENAMO dans la province centrale de Sofala.

Les investisseurs et les pays voisins sont inquiets à l’idée qu’éclate à nouveau une guerre civile dans le pays, bien que le pouvoir affirme le contraire. Initialement classé parmi les pays les plus pauvres au monde, le Mozambique connaît une croissance spectaculaire grâce à la découverte d’importants gisements de charbon et de gaz naturel.

Le scrutin de mercredi permettra au FRELIMO de mesurer sa cote de popularité avant la tenue d’élections générales en octobre 2014. En 2009, le parti avait remporté 75% des voix. Le Mouvement démocratique mozambicain (MDM) veut profiter de l’absence de la RENAMO pour espérer une percée. Le MDM détient Beira, la deuxième ville du pays. Son objectif est de gagner Matola et Maputo « s’il n’y a pas de fraudes ». Les résultats du scrutin devraient être connus ce jeudi.