Meurtre des journalistes de RFI : le MNLA se dit humilié

Le Mouvement national de libération de l’Azawad s’est dit, ce lundi, humilié, suite à l’assassinat dans son fief à Kidal des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Soupçonnée d’être à l’origine de ce double meurtre, la rébellion rejette toutes allégations à son encontre dans cette affaire.

Pointée du doigt par une partie de la presse malienne, qui le soupçonne d’être impliqué dans l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) s’est dit ce lundi humilié. Il vit en effet mal que les deux journalistes de RFI aient été tués sur son fief à Kidal, affirmant qu’il s’agit d’un « affront ». Le MNLA affirme être « impuissant » pour enquêter au sujet de leur assassinat. « Nous avons demandé à participer aux recherches des auteurs de cet acte crapuleux, mais rien ne se décide », a déploré Mahamadou Djéri Maïga, vice-président du MNLA, qui se trouve actuellement à Ouagadougou.

D’après le responsable touareg, « même le véhicule qui a servi pour l’enlèvement, on refuse de nous le montrer alors que le fait de le voir pouvait nous mettre sur la piste dans la traque des terroristes ». Mais « Malgré cela, nous menons nos investigations. Nous faisons nos propres enquêtes et nous partagerons nos résultats avec ceux qui sont chargés du dossier. Nous ne pouvons rester ainsi les bras croisés », renchérit-il.

« On ne peut pas accuser le MNLA ! »

D’après le porte-parole du MNLA en Europe, Moussa ag Assarid, qui se trouve aussi actuellement à Ouagadougou, contacté par Afrik.com, le MNLA « ne contrôle plus Kidal depuis juillet dernier ». « On ne peut pas nous accuser d’être impliqué dans la mort des deux journalistes de RFI, car nous sommes cantonnés », argue Moussa ag Assarid, soulignant que c’est la MINUSMA et l’opération Serval qui sont en charge de la sécurité au sein de cette localité. « Toute la région est sous le contrôle de la MINUSMA, de Serval (l’opération française et des forces armées maliennes. Le MNLA n’a plus rien sous son contrôle en matière de sécurité », poursuit Mahamadou Djéri Maïga.

En attendant à Bamako, « beaucoup estiment toujours que toutes les villes du nord-Mali ont été libérées sauf Kidal », explique cet observateur de la vie politique malienne.