Mauritanie : l’esclavage devient un crime contre l’humanité

L’Assemblée nationale a voté mercredi une loi durcissant la répression contre l’esclavage désormais reconnu comme un crime contre l’humanité.

Contre toute attente l’esclavage est désormais considérée comme un crime contre l’humanité en Mauritanie, où il est toujours pratiquée. L’Assemblée nationale mauritanienne a en effet adopté mercredi soir à l’unanimité une loi durcissant la répression contre l’esclavage moderne.

De son côté, le ministre de la Justice, Brahim Old Daddah, a salué l’adoption de la nouvelle loi qui double les peines prévues contre les auteurs, soit 20 ans d’emprisonnement au lieu de 10 ans et criminalise onze différentes formes d’esclavage contre une seule auparavant. Le mariage forcé des femmes « moyennant une contrepartie en espèce ou en nature et leur cession à un tiers ou transmission par succession, à la mort de leur mari, à une autre personne » fait notamment partie des nouvelles formes d’asservissement incriminées.

Le nouveau texte de loi prévoit également la création de juridictions spécialisées pour ce type de crimes et impose aux magistrats la mise en place de mesures conservatoires contre les auteurs, afin de garantir les droits des victimes. La promotion de ces droits humains passe aussi par le « dédommagement » des personnes abusées désormais inscrit dans la loi, de même que la gratuité de l’assistance judiciaire et de la procédure ».

La Mauritanie est le dernier pays à avoir aboli l’esclavage en 1981. D’après un rapport de l’ONG Walk free, la Mauritanie était en 2014 le pays qui détenait le plus fort taux d’esclavage au monde puisque près de 4% de sa population, soit 150 000 personnes, était encore asservie. Cette nouvelle loi pourrait constituer un grand pas en avant pour le pays concernant l’épineux dossier de l’esclavage. La question est de savoir si la nouvelle législation sera réellement appliquée dans la réalité pour que ce fléau qui mine le pays soit défintivement aboli.