Massacre de Moura au Mali : la Russie et la Chine empêchent l’ONU d’enquêter


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Les militaires maliens
L'armée malienne

La Russie et la Chine ont apposé leur veto sur une requête du Conseil de sécurité de l’ONU pour l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur un présumé massacre attribué aux forces armées maliennes, à Moura.

La Russie, soutenue par la Chine, a empêché une demande formulée par le Conseil de sécurité de l’ONU qui a requis l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour mettre la lumière sur les accusations de crime contre l’humanité dont font l’objet les forces armées maliennes. La Direction des relations publiques des armées maliennes avait annoncé que les soldats avaient neutralisé 203 terroristes au cours d’une opération à Moura. Des déclarations contradictoires avaient toutefois faites.

Il a en effet été indiqué que les forces armées maliennes, appuyées par les mercenaires russes de la société privée Wagner, ont transformé la ville de Moura en véritable mouroir, procédant à des exécutions sommaires de populations civiles. Des hommes à qui il aurait été demandé de creuser des trous avant qu’ils ne soient abattus puis enterrés dans ces fosses communes. Des « allégations » documentées par Amnesty International et rejetées par Bamako, ce qui n’a pas empêché Washington d’exiger l’ouverture d’une enquête.

Bien avant le déploiement de la MINUSMA dans la zone pour les besoins de l’enquête, comme demandé par les Etats-Unis, les autorités maliennes ont annoncé avoir pris les dispositions nécessaires pour élucider cette affaire. Le tribunal militaire a, en effet, annoncé l’ouverture d’une enquête avec une sortie du procureur de Bamako qui a promis de dépêcher sur place des enquêteurs et un médecin légiste. Lui-même a promis de se rendre « très prochainement » sur les lieux du « massacre ».

Seulement vendredi, la France a soumis à l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU une déclaration rédigée pour obtenir la validation de l’ouverture d’enquêtes indépendantes au Mali. Paris faisait part de sa « profonde préoccupation face aux allégations de violations et atteintes aux droits humains au Mali, en particulier celles qui auraient été perpétrées contre des civils à Moura, dans la région de Mopti, du 27 au 31 mars 2022 »,

Sauf que la Russie, soutenue par la Chine, s’y est farouchement opposée. Des sources de l’AFP indiquent en effet que Moscou et Pékin « ne voyaient pas la nécessité » d’enclencher une telle procédure, jugeant « prématurée » cette requête française. Pour la Russie qui a félicié le Mali pour le « succès » de cette opération menée à Moura, rien ne presse alors qu’une enquête a été ouverte par les autorités maliennes.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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