Maroc : un magazine appelle à « brûler les homosexuels »

Le magazine marocain « Maroc Hebdo », dans son dernier numéro, s’est violemment attaqué aux homosexuels. On peut lire en Une de leur magazine « Faut-il brûler les homos ? », un titre choquant qui a créé une vague d’indignation au royaume chérifien.

Alors que le Maroc est en plein débat sur la dépénalisation de l’homosexualité, le magazine Maroc Hebdo affiche clairement son opinion à ce sujet. En Une de son dernier magazine, on y voit en gros titre, « Faut-il brûler les homos ? ». Le sous-titre est tout aussi évocateur de l’opinion du magazine sur l ‘homosexualité, « le ministère de la Santé appelle à la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc. Certes, c’est un droit individuel. Mais quid de la morale et des valeurs religieuses ? ». De nombreux internautes ont exprimé leur indignation via le réseau social Twitter.

Une jeune Marocain Abdelhak crie son indignation sur Twitter en déclarant « les gars, vous avez pété les plombs ? ». Le directeur de publication de l’hebdomadaire Tel Quel a déclaré que « cette séquence est assez inquiétante dans un pays traversé par les clivages sur les valeurs ». En réponse à la Une de Maroc Hebdo, le journal Tel Quel a publié, ce vendredi 12 juin 2015, un édito en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité intitulé « Vivre et laisser vivre ».

Dans cet édito, on peut entre autre lire que « les homosexuels ne sont ni des déviants ni des malades; car l’amour consentant entre deux adultes n’est pas un crime; car la loi ne peut pas s’immiscer dans les sentiments des gens; car ce qui se déroule librement entre deux individus et ne nuit pas directement aux autres ne doit pas être puni ».

Cet acte intervient après une série d’incidents qui ont été jugés inadmissibles par la société marocaine. Le 2 juin dernier, deux militantes Femen ont été expulsées pour avoir posé seins nus et s’être embrassées devant un monument historique à Rabat. Le lendemain, deux Marocains ont été arrêtés après avoir échangé un baiser en public.

L’homosexualité au Maroc est passible d’une peine de trois ans de prison, selon l’article 489 du code pénal.