Mali : Sanogo écarté de la réforme de l’armée

Récemment promu général, le capitaine Haya Sanogo responsable du coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré en mars 2012, n’est plus responsable de la réforme de l’armée mise en marche par les autorités maliennes.

La grogne au Mali contre la nomination au rang de général du capitaine Amadaou Haya Sanogo semble avoir porté ses fruits. Celui qui est à l’initiative du coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré en mars 2012, n’est plus responsable de la réforme de l’armée mise en marche par les autorités maliennes, rapportent les médias locaux.

Cette décision a été prise suite à une réunion, mercredi, à Bamako du Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État par intérim Dioncounda Traoré. Le conseil des ministres « a été informé de l’abrogation du décret portant nomination du général de corps d’armée Amadou Haya Sanogo en qualité de président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité » du Mali, selon le compte-rendu de cette réunion.

Décision «honteuse»

Sa nomination comme général a été très critiquée au Mali notamment par des organisations de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, qui l’ont qualifiée de « honteuse », rappelant qu’il n’a jamais combattu dans le nord-Mali contre les groupes terroristes. Et pour beaucoup de Maliens, il a aussi une part de responsabilité dans la crise malienne, suite au coup d’Etat qu’il a mené contre l’ex-chef d’Etat.

Les Maliens n’ont en effet pas pansé les blessures liées à la prise du nord par les groupes armés terroristes, avant qu’ils ne soient délogés par les troupes françaises et africaines. Les terroristes y ont imposé leur loi, coupant les mains, pieds ou oreilles de tous ceux qui ne se pliaient pas à leurs ordres. Des femmes ont également été victimes de viol. Après toutes ces horreurs, pour beaucoup, la pilule ne passe pas. De nombreux internautes maliens ont posté sur leur page Facebook des messages pour dire que le capitaine Sanogo ne mérite pas tous ces honneurs sachant qu’il n’a jamais combattu dans le nord.