Mali : le Nord serait aux mains du mouvement armé Ançar Dine

Le mouvement islamiste armé touareg Ançar Dine a déclaré contrôler le nord-est du Mali, son but étant d’instaurer une République islamique dans ce pays. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, autre acteur de la région, en guerre contre Bamako, a par ailleurs indiqué que son combat pour l’indépendance de l’Azawad, région du nord du Mali, n’était plus le même que celui d’Ançar Dine.

Le nord-est du Mali serait passé sous le contrôle du mouvement islamiste armé touareg Ançar Dine (Défenseur de l’islam, ndlr). Ce groupe a également affirmé vouloir libérer au moins 110 prisonniers civils et militaires. « Grâce à Dieu, nous avons sous notre contrôle l’Adrar des Iforas (nord-est). Nos soldats de Dieu occupent et contrôlent Tinzawaten, Tessalit, Aguelhok, et nous aurons bientôt d’autres victoires », indique un communiqué reçu par l’AFP. « Quiconque n’est pas d’accord avec nous doit quitter nos terres. Nous avons appelé nos frères du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) pour venir chercher les prisonniers. Ils sont en route », ajoute le communiqué.

La solution militaire dans l’impasse

Le pays est par ailleurs confronté depuis le 17 janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). La guerre s’installe donc progressivement dans l’Azawad, cette région qui recouvre une partie du nord du Mali, du Niger, de la Mauritanie et du sud de l’Algérie. Le gouvernement malien a accusé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) de combattre avec le MNLA dont les nombreux succès militaires ont mis en exergue les défaillances de l’Armée nationale.

A en croire les dernières nouvelles, le Mali aurait perdu, en quelques semaines, plus de la moitié du territoire de l’Azawad. De l’avis de l’ensemble des observateurs, l’issue militaire ne serait pas une solution à ce conflit, d’autant que le Mali n’a pas les moyens que ce soit matériels ou humains pour s’imposer militairement dans la région.

Les prémices de la guerre ont déjà contraint les habitants de l’Azawad à fuir, des bombardements d’hélicoptères de l’armée ayant déjà fait plusieurs victimes en février. L’Etat malien a, semble-t-il, perdu toute légitimité en matière de monopole de l’usage de la violence.

Revendications et confusions

Le Mali s’est construit autour d’une vision communautaire essentiellement sudiste, sans réelle équité entre nord et sud. Les revendications des populations de l’Azawad ne datent donc pas d’hier. La rébellion des années 90 a ainsi contraint l’Etat à admettre qu’il avait délaissé le nord du pays depuis l’indépendance.

Aujourd’hui, la situation se complique avec l’appel de Iyad Ag Ghali, figure de la rébellion touareg des années 90, de vouloir instaurer la charia au Mali. En fin de semaine dernière, à Tessalit, dans le nord du Mali, les chefs militaires du MNLA et les responsables d’Ançar Dine se sont rencontrés, rapporte Afribone.com. Les membres du MNLA ont tenté de convaincre Iyad d’abandonner son combat religieux et de prendre ses distances avec Aqmi pour continuer le combat pour l’indépendance de l’Azawad. En vain.

A l’issue de 72 heures de pourparlers, le MNLA et Ançar Dine, jusqu’alors unis dans leur lutte contre Bamako, ont finalement décidé de mettre un terme à leur « partenariat ». Dans un communiqué, publié lundi 19 mars, le bureau politique du MNLA précise que, « la République pour laquelle nous nous battons est basée sur les principes de la démocratie et de la laïcité, il ne saurait y avoir de confusion possible entre notre combat et celui d’un groupe qui vise à instaurer un régime théocratique ».

Les accords signés ces vingt dernières années entre l’Etat malien et les organisations politico-militaires de l’Azawad n’ont donc pas eu les effets escomptés. Comment la France et l’Algérie, parrains de ces accords, vont-ils s’organiser pour apporter, avec les parties concernées, la stabilité dans cette région ?