Mali : Kidal, une bombe à retardement

Alors que le Mali panse ses plaies après la prise du nord par les groupes armés, le pays pourrait bien replonger dans un conflit armé entre les forces de sécurité maliennes et les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Le point de départ de la reprise des combats entre les deux frères ennemis pourrait bien être à Kidal, fief des Touaregs, où ils se sont affrontés dimanche et lundi.

Les frères ennemis ont à nouveau brandi la hache de guerre. Les derniers affrontements entre les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et l’armée malienne préoccupent les autorités maliennes.
De nouveaux tirs auraient été entendus lundi matin vers 7h00 à Kidal, par des habitants contactés par l’AFP. Ces tirs ont-ils été échangés par des combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et des soldats maliens? Même si pour le moment on n’est pas en mesure de le confirmer, tout montre qu’il s’agirait bien d’une nouvelle reprise des combats entre des soldats maliens et des éléments du MNLA. D’autant que, les deux parties se sont violemment affrontées dimanche après-midi dans le centre-ville de Kidal, devant une agence de la Banque malienne de solidarité. Cette dernière avait d’ailleurs été attaquée à la grenade, vendredi par des groupes armés.

Autorités dépassées

Ces nouvelles violences à Kidal, fief des Touaregs, montre que l’armée malienne et les rebelles du MNLA n’ont toujours pas réglé leur différend. Même si l’armée malienne a été autorisée à pénétrer dans la localité après plusieurs mois de refus du MNLA, qui avait accusé cette dernière d’exactions contre les populations touaregs, à la suite de la libération du nord-Mali, la ville est loin d’être apaisée. D’ailleurs, de nombreux observateurs et politiques avaient même pointé du doigt la Présidentielle malienne, la jugeant précipitée, alors même que l’insécurité grandissait à Kidal. Quelques jours avant le scrutin, en effet, plusieurs personnes avaient péri dans des affrontements entre populations noires et touaregs.

Les accords de Ouagadougou qui avaient été scellés, juste avant la Présidentielle, entre les deux parties pour apaiser les tensions et entamer le dialogue semblent être une vieille histoire. Certains observateurs de la vie politique malienne avaient d’ailleurs évoqué des accords de façade pour permettre la tenue du scrutin remporté par Ibrahima Boubacar Keita. Déjà à la mi-septembre, le MNLA avait accusé le gouvernement de violer les accords de Ouagadougou, menaçant également « d’anéantir » l’armée malienne. Une position on ne peut plus claire, émise suite aux affrontements entre les rebelles du MNLA et des soldats maliens, dans la zone de Foïta, dans le nord-ouest du pays.

Ces tensions dans le fief des Touaregs sont la preuve pour de nombreux Maliens que Kidal n’a pas été libérée. « Toutes les villes du nord- Mali ont été libérées sauf Kidal, indique ce Malien à Afrik.com. Les autorités maliennes n’ont toujours aucun contrôle de la localité ».