
Le Mali traverse l’une des crises sécuritaires les plus graves de ces dernières années, à la suite d’attaques coordonnées menées contre des positions stratégiques à Bamako et dans plusieurs grandes villes. Ces offensives, attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et au Front de libération de l’Azawad, ont profondément ébranlé le régime militaire en place. Le sort du chef de la junte, Assimi Goïta, reste incertain.
Les rebelles revendiquent le contrôle total de Kidal
Au Mali, des combats ont éclaté simultanément dans plusieurs zones clés du pays, samedi. Une escalade sans précédent dans le conflit malien. À Bamako, des explosions et des tirs nourris ont visé des installations militaires et des résidences de responsables. Dans le nord, notamment à Kidal et Gao, les affrontements ont opposé les forces armées maliennes aux groupes rebelles. Tandis que la situation restait confuse à Sévaré.
Les rebelles du Front de libération de l’Azawad ont revendiqué le contrôle total de Kidal, bastion stratégique du nord du pays. À Gao, bien que les combats aient diminué en intensité, les insurgés demeurent positionnés aux abords de la ville. Cette progression territoriale des groupes armés remet sur la table la question de l’Azawad, territoire revendiqué de longue date par certains mouvements touaregs.
Mort de Sadio Camara, ministre de la Défense
La mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, constitue une étape dans cette crise. Figure centrale du pouvoir militaire, il a été tué lors d’une attaque visant sa résidence, frappée par un véhicule piégé. Sa disparition fragilise considérablement l’architecture sécuritaire du régime et pose la question de la continuité du commandement militaire.
Par ailleurs, plusieurs hauts responsables ont été touchés lors des affrontements. Le chef des services de renseignement, Modibo Koné, ainsi que le chef d’état-major général, Oumar Diarra, auraient été blessés. Cette série d’attaques ciblées laisse penser à une stratégie visant à désorganiser fortement l’appareil sécuritaire du pays.
Introuvable, Assimi Goïta toujours en vie ?
Dans le nord du Mali, la situation reste particulièrement volatile. À Kidal, des sources concordantes évoquent un accord entre les rebelles touaregs et des éléments russes de l’organisation paramilitaire Africa Corps. Ce qui permet à ces derniers de se retirer de la ville. Dans la région de Kati, fief traditionnel de la junte, des tirs ont été signalés avant un retour relatif au calme.
Cependant, l’ensemble du territoire reste sous haute tension, avec des mouvements de troupes, des opérations de ratissage. Sans compter un renforcement des dispositifs sécuritaires. Notamment à Bamako et dans les zones sensibles. Depuis le déclenchement des attaques, aucune apparition publique ni communication officielle du général Assimi Goïta n’a été enregistrée. Selon des sources sécuritaires, il aurait été exfiltré vers un site sécurisé, probablement un camp des forces spéciales à proximité de la capitale. Est-il toujours en vie ? Affaire à suivre !



