Mali : 48 heures sans transports en commun à Bamako

Depuis lundi les minibus de transports en commun communément appelés « sotrama » sont invisibles dans la circulation à Bamako. Et pour cause, les transporteurs routiers du Mali observent une grève de 48 heures. Un arrêt de travail qui vise à dénoncer les tracasseries routières et policières dont les chauffeurs sont victimes dans l’exercice quotidien de leur métier.

(De notre correspondant)

Les transports en commun sont en grève. Paralysant du coup la capitale malienne. Et obligeant de milliers de travailleurs à se rendre à pied à leur lieu de travail. « Je ne m’attendais pas du coup à cette grève des sotrama (minibus de transport en commun, ndlr). J’ai quitté très tôt mon domicile pour en prendre une. Mais après plusieurs minutes d’attente, je n’ai vu aucune arriver. C’est l’un de mes voisins qui m’a alerté. Et j’ai pu appeler une nièce qui m’a conduit à mon service », soutient Sanata Bamba.

Tout comme cette assistante administrative, Thomas a pu regagner son boulot grâce à un motocycliste. « J’ai quitté le quartier de Boulkansoubougou en commune I du district. J’ai marché durant plusieurs minutes sans rencontrer un minibus. Et sans l’aide d’un motocycle je n’aurais pu regagner mon service », raconte-il. Safiatou, elle, n’a pas eu la même chance. « C’est difficile de travailler dans cette situation de grève. Moi j’habite Niamana, une localité située à une quinzaine de kilomètres de mon lieu de travail. Et je n’ai aucun moyen de locomotion pour m’y rendre », se désole cette cinquantenaire.

Stop au racket

Cette grève des transporteurs routiers fait suite aux non satisfactions des revendications des transporteurs dont 80% concernent les tracasseries routières. En effet, ces tracasseries sont le principal problème auxquels les chauffeurs maliens sont confrontés. « Il est difficile de travailler dans ce pays. Même quand tu as tous tes papiers, les forces de l’ordre vont te racketter », dénoncent Inza Diakité, chauffeur de minibus. Son point de vue est partagé par son ami Ismaël Koné. « Quand tu empruntes l’avenue de l’OUA, il existe des points de contrôle à tous les grands carrefour. Soit au total neuf. Et s’il faut débourser 1000 FCFA (1,52 euros) par postes, imagines un temps soit peu ce que cela te coûte par jour », constate-il amèrement.

Pour lui, il faut que les chauffeurs du Mali aillent au bout de leur lutte. En amenant les autorités à trouver une solution au racket dont ils font l’objet. A cela s’ajoutent, la mise en application du poids total autorisé en charge, l’interdiction totale des camions étrangers au Mali, l’interdiction des motos taxis sur les grands axes. Et les syndicats demandent aussi à l’Etat de revoir les taxes de l’ANASER (Agence nationale de la sécurité routière). Sans oublier la suppression totale du poste de contrôle de Morybabougou, une localité de la banlieue de Bamako.