Malawi : halte à la chasse aux sorcières !

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L’ONG malawite de défense des droits de l’homme « Association of Secular Humanism » (Association de l’Humanisme Séculier) a exigé de son gouvernement qu’il libère les quelque quatre-vingts citoyens emprisonnés pour pratique de la sorcellerie. Il n’existe aucune loi interdisant la sorcellerie au Malawi.

Des rapports indiquant une propagation de la sorcellerie ont conduit le gouvernement du Malawi à mettre en place, l’an dernier, un comité dans le but de la pénaliser. Néanmoins, l’échec de la commission à proposer des lois qui incriminent ceux exerçant cette pratique rend leur condamnation illégale.

Malgré l’absence de lois anti-sorcellerie, 68 personnes âgées (61 femmes et 7 hommes) et 18 jeunes adultes ont été condamnés, le mois dernier. Ils ont reçu des peines allant de quatre à six ans de prison.

Le ministre de la Justice, George Chaponda, a clairement indiqué qu’au Malawi une personne ne pouvait être reconnue coupable de sorcellerie que dans le cas où elle avouait être un sorcier. Or, selon des rapports, plus de quatre-vingts personnes ont été reconnues coupables, alors même qu’elles ont plaidé leur innocence.

George Thindwa, de l’Association de l’Humanisme Séculier, a déclaré aux journalistes que le système judiciaire du Malawi était réputé pour emprisonner des personnes accusées de sorcellerie. «Nous intervenons dans cette affaire parce que nous sommes concernés par le fait qu’il y ait encore au Malawi des prisons [avec] des gens accusés de sorcellerie. Les tribunaux ont eu tort à 100%, [et] la police doit tenir compte de cela», a indiqué M. Thindwa aux journalistes

Il a ensuite appelé le Chef de la justice et l’Inspecteur général de police à informer leur personnel que les affaires de sorcellerie «ne devaient pas être traités par dessus la jambe». Il estime également que la violation juridique dont sont victimes bien trop de citoyens existe parce que de nombreux fonctionnaires «croient à la sorcellerie». «Le problème est, qu’au sein de notre police et de nos tribunaux, beaucoup croient à la sorcellerie et qu’ici au Malawi, cette croyance est très forte», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Justice, M.Chaponda, a insisté sur le fait qu’à sa connaissance il n’y avait aucun problème de ce genre, et a exhorté les plaignants à se manifester. En réponse, M. Thindwa s’est félicité de cette invitation et a affirmé détenir un dossier complet sur les cas litigieux au ministère de la Justice.

Alors qu’il est illégal de pratiquer la sorcellerie ou de condamner quiconque pour cela, des femmes, en majorité âgées, sont régulièrement victimes de ce préjudice.