Madagascar : pas de bus-dispensaire pour Mahajanga

Un bus-dispensaire créé par des associations humanitaires a été interdit par les autorités. Il tentait de pallier à la pénurie sanitaire dans la région de Mahajanga.
Les ONG impliquées crient au scandale.

Les autorités malgaches ont interdit l’utilisation de l’unique bus-dispensaire de Mahajanga. L’Association malgache pour l’environnement (AME) crie au scandale. Cette décision pénalise la région de Mahajanga, dépourvue d’infrastructures sanitaires.

L’hôpital ambulant est composé de trois tables d’accouchement, d’une table dentaire et d’une salle d’attente. Le bus a été récupéré par l’association des commerçants des doucettes de Garges-les-Gonesses, dans le Val d’Oise. Il a été remis en état par les élèves du lycée Arthur Rimbaud. Sa valeur actuelle avoisine les 600 000FF.

Non à la médecine itinérante

 » Je ne comprends pas cette décision. On fait un travail de professionnel . La population a besoin de nous « , s’insurge le chirurgien Tian Dza, président de l’AME. Le ministère de la Santé a motivé sa décision par un texte législatif qui interdit toute médecine itinérante.  » Légalement, on est dans notre droit. Deux autres bus-dispensaires fonctionnent toujours dans deux autres îles ! La loi stipule que l’intérêt public prédomine sur toutes autres considérations et c’est le cas ! « , explique le président de l’association. D’autant que le bus a été fonctionnel pendant six mois sans que la direction régionale de la santé ne réagisse.

L’AME s’occupe de l’éducation sanitaire, de circoncisions et donnent des consultations à prix symboliques. Une trentaine de médecins et d’étudiants en médecine sillonnent les villages difficiles d’accès de Mahajanga. Avec les moyens du bord : le bus rouille dans la cour du lycée technique de Mahajanga.