Les Fruits du Baobab rapprochent écoliers d’Afrique et de France

Un projet Internet met sur la toile les enfants des écoles africaines. Symbiose entre modernité et tradition,  » Les Fruits du Baobab  » augurent des nouveaux rapports entre hommes des deux continents, sur les bases de l’enrichissement mutuel et de la complicité, si rare chez les adultes, si rapide et instantanée chez les enfants.

Le Baobab arbre de conte, symbole de la culture orale en Afrique, est en passe de devenir l’emblème du troc des cultures entre l’Afrique et le vieux continent.

Depuis deux ans en effet, l’association  » Les Fruits du Baobab «  connecte les écoles d’Afrique francophone aux établissements français. Des élèves sénégalais, maliens, burkinabés et togolais transmettent leur héritage culturel, grâce à ce lien unique et convivial qu’est Internet.

Sauce graine au riz contre escargots

Au menu outre les e-mails personnels qui favorisent les complicités personnelles, un magazine et des contes. Art africain par excellence, issu de la tradition orale, vecteur d’Histoire et de patrimoine, ils s’adaptent à merveille, tant à la magie imaginative des enfants qu’au support Internet proprement dit.

Ainsi les écoliers français apprennent-ils que les Bezo du Mali sont des marionnettistes hors pair et qu’ils tiennent leur Art d’un dénommé Toboji Canta, qui fut initié par les génies de la brousse le retenant captif. Et les têtes blondes gauloises de savoir qu’au Sénégal cohabitent pas moins de six ethnies différentes, ou que les quatre confréries musulmanes y exercent au côté des animistes et des chrétiens dans un esprit de tolérance. Les petits Afrcains eux, se laisseront bercer par l’histoire d’une somnolente petite fille aux yeux bleus chez les lutins magiques, ou de Luke allant chercher la plante de Toutankhamon pour sauver son beau-père.

Nous saisirons également le sens complet (non dénué de poésie) de Burkina-Faso, qui signifie  » Terre des hommes intègres « . Joli.

Mais c’est sans doute au petit ivoirien Roger que revient l’honneur de résumer à la perfection et en quelques lignes d’un e-mail lapidaire, l’esprit de l’Association et les ponts qu’il ne manquera pas de dresser entre les deux continents :  » Razaki va m’envoyer des messages et moi je vais envoyer mon message à Razaki, et Razaki va répondre à mon message, puis je vais écrire à Razaki de venir manger avec moi la sauce graine au riz et il m’invitera à manger des escargots « .