Les Equato-Guinéens multipliés par deux

La population de la Guinée Equatoriale a doublé en 7 ans. Un accroissement qualifié  » d’historique  » par le gouvernement et qui s’explique par la prospérité économique que connaît le pays depuis le milieu des années 90 grâce au pétrole.

28 057 km2 pour 1 014 999 habitants. Les chiffres du dernier recensement général de la population et de l’habitat en Guinée Equatoriale révèlent un doublement, en 7 ans, de la population de ce petit pays du Golfe de Guinée (450 000 habitants en 1994). La partie continentale du pays, où se trouve la capitale économique, Bata, compte aujourd’hui 749 529 âmes tandis que 265 470 résident sur la partie insulaire, qui comprend la capitale, Malabo.

Le ministre de la Planification et du développement économique, Fortunato Ofa Mbo, a expliqué que cet accroissement de la population était dû à la prospérité économique du pays.

L’ancienne colonie espagnole, indépendante en 1968, s’est transformée en véritable  » Eldorado  » pétrolier depuis le milieu des années 90, avec la découverte de deux champs pétrolifères importants : Zafiro en 1995 et Ceiba en 1999. Selon les experts de la sous-région, le pays serait, avec le Congo et le Tchad, l’un des trois pôles de croissance de l’industrie pétrolière en Afrique centrale si des découvertes significatives ne sont pas faites au Cameroun et au Gabon.

Meilleures conditions de vie

Une manne pétrolière, essentiellement exploitée par des compagnies américaines, qui a su attirer grand nombre d’étrangers et favorisé le retour de nationaux. Les Camerounais représentent la communauté africaine la plus nombreuse, avec 20 000 ressortissants. Suivent 7 000 Nigérians puis les communautés ghanéenne, sénégalaise, malienne et béninoise. Pays limitrophe, le Gabon ne compte que 150 ressortissants.  » C’est difficile de venir travailler en Guinée Equatoriale « , note-t-on au consulat du Gabon à Bata.  » Les autorités du pays ne font rien pour favoriser la venue des étrangers, surtout des Gabonais.  »

La présence d’immigrés n’explique pas à elle seule cet  » accroissement historique  » – selon les mots du ministre – de la population équato-guinéenne. L’amélioration de ses conditions de vie y est aussi pour quelque chose : l’espérance de vie à la naissance est ainsi passée de 55,34 ans en 1994 à 59,53 ans en 2001. Pendant la même période, le taux de mortalité infantile est passé de 111 pour 1 000 naissances à 93.